Au terme de la cérémonie d’inauguration du complexe sportif Michel Essonghé de Port-Gentil, le 9 janvier dernier, Ali Bongo s’est prêté aux questions des médias. Une occasion pour le chef de l’Etat de revenir sur les opportunités de développement découlant de la Coupe d’Afrique des nations (Can).

Ali Bongo face aux journalistes, le 9 janvier 2017 à Port-Gentil. © Gabonreview

 

Vous venez d’inaugurer le complexe sportif de Port-Gentil  17 mois après la pose de la première pierre. Quel est votre sentiment ?

Ali Bongo : L’émotion est grande de voir que ces travaux lancés, il y a si peu de temps, sont aujourd’hui pratiquement terminés. Nous allons continuer de doter ce complexe sportif de plateaux nécessaires. Mais, pour l’instant nous sommes sur la compétition de football et il était important que le stade soit terminé. Nous avons choisi, pour ces deux nouveaux stades aujourd’hui, l’option d’amener le public proche de la pelouse, dans les vrais stades de football, pour une meilleure vue du match et pour une meilleure communion avec les équipes. C’était un choix que nous avons fait et nous maintenons sur les autres plateaux d’autres activités puisque sur le stade d’entrainement, il y a par exemple des pistes d’athlétisme. Je pense que nous voulons mettre les joueurs gabonais et africains dans de bonnes conditions pour qu’ils puissent nous donner un spectacle de qualité. Les spectateurs seront également dans de très bonnes conditions pour suivre les matches. Nous espérons qu’ils viendront nombreux. Nous sommes vraiment satisfaits. Nous ne pouvons qu’espérer que cette compétition qui va commencer dans quelques jours se déroule encore mieux que celle de 2012. Nous avons tous appris un peu de cette édition et nous allons essayer d’être  bons plus qu’en 2012 sinon meilleurs.

Vous semblez plus satisfait qu’en 2012. Simple impression ?

Je suis certainement plus satisfait. Nous avons deux nouveaux stades. Je regrette que le stade Omar Bongo Ondimba de Libreville ne soit pas terminé à temps. C’est le seul regret que nous avons. J’en profite pour saluer les entreprises qui ont travaillé en un temps record. Il faut maintenant que les responsables puissent bien entretenir ces installations pendant et après les compétitions. Ce sont les efforts que toute la nation a consentis et pour tous les amoureux du sport, notamment du football, nous voulons que les joueurs et les spectateurs soient dans de meilleurs conditions et même en termes de sécurité. Nous veillons à tout cela et nous espérons que la fête sera belle.

Quel message à la jeunesse à quelques jours de l’ouverture de la Can 2017 ?

C’est une compétition qui a permis à certains de nos joueurs d’être connus aujourd’hui. On peut donc dire que sans la Can 2012, certains de nos joueurs dont Pierre-Emerick Aubameyang, n’auraient pas pu connaitre la carrière qui est la leur. C’est une formidable occasion de pouvoir se valoriser, de pouvoir se faire apprécier. Pour les jeunes, ce sont des modèles qui vont pouvoir jouer devant eux, ce sont aussi ces joueurs-là qui viennent de tout le continent africain qui, pour certains, sont de très grandes stars dans des clubs internationaux. Il n’y a pas de grand club aujourd’hui au niveau mondial sans un joueur africain ; c’est pour montrer le niveau auquel les joueurs africains sont parvenus. Les jeunes doivent donc comprendre que le talent c’est bien, mais seul il ne suffit pas. Il faut le travail et le sacrifice. C’est bien le message que je voudrais leur envoyer. Nous avons toutefois un souci très important, c’est de faire qu’après les épreuves sportives, les centres de formations pour les jeunes puissent vraiment être opérationnels et qu’on puissent donner à tous nos jeunes qui ont du talent et de l’ambition la possibilité de pouvoir, un jour, porter le maillot de l’équipe nationale et de représenter le Gabon à un plus haut niveau.

Que répondez-vous à tous ceux qui appellent au boycott de cette compétition ?

Les Gabonais, dans leur grande majorité, ont voulu que cette Can se joue au Gabon. Nous n’avons fait que respecter les choix des Gabonais. Malheureusement, il existe une petite minorité qui oublie qu’il s’agit d’une compétition sportive dans laquelle nous avons les meilleurs de notre continent et qui fait en sorte que le Gabon soit honoré par toute l’Afrique pour l’organisation de cet événement. Nous avons fait les efforts nécessaires pour faire de cette Can aussi un programme de développement économique. Derrière ces critiques, il n’y a simplement que de la jalousie et rien que de la jalousie.