Le Haut-commissaire au Comité d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (Cocan) 2017, Christian Kerangall, a tiré le 6 février 2017 à Libreville, les premières leçons de la 31e édition de cette compétition dont les rideaux sont tombés la veille sur la victoire du Cameroun face à l’Egypte (2-1).

Christian Kerangall, Haut-commissaire au Comité d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (Cocan) 2017, le 6 février 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Quelques heures seulement après la cérémonie de clôture de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) et le sacre des Lions Indomptables du Cameroun, les responsables du Cocan en tête desquels Christian Kerangall ont présenté un pré-bilan de cet événement

Répondant aux questions des journalistes concernant les montants injectés dans l’organisation de cette compétition, Christian Kerangall a été presque ironique. Il a déclaré : «On annonce dans la presse 463 milliards de francs CFA». Il faisait ainsi allusion aux chiffres annoncés par certains médias que d’aucuns présentent comme étant proches de l’opposition et particulièrement de Jean Ping. Ce dernier continue de contester, jusqu’alors, la réélection d’Ali Bongo. «On en est loin», a-t-il répondu. Si l’on note que le budget corrigé en juillet 2015 était à 303 milliards de francs CFA, le Haut-commissaire a indiqué que la réalisation, aujourd’hui, est à environ 192 milliards de francs CFA. Il a cependant ajouté que son organisation rendra ses comptes aux autorités gabonaises avant le 15 mai prochain. Il a en outre précisé que ce «rapport complet» sera déposé à la Cour des comptes et sera «communiqué à la télévision».

Evoquant l’affluence dans les stades, le Haut-commissaire du Cocan a affirmé qu’«il y avait 535.000 places disponibles sur l’ensemble de la compétition». Cependant, il assure qu’«on va être à 330.000 ou 350.000 spectateurs dans les stades durant toute la compétition». Il est à relever que lors du match Tunisie-Zimbabwe au stade d’Agondjé d’une capacité de 40.000 places, l’on n’avait enregistré qu’environ 1.800 personnes malgré la distribution gratuite des billets.

Kerangall a expliqué, minimisant l’aspect lié à cette distribution gratuite des tickets d’entrée dans les stades, qu’avant le match de la finale Cameroun-Egypte, le taux de remplissage des stades était de 66%. «Hier, le stade était rempli à 100%, ce qui va améliorer le pourcentage», a-t-il ajouté. Pour lui, le taux moyen de remplissage des stades sur toute l’histoire de la Can est d’environ 40%.

A propos des stades, celui de Port-Gentil a le plus retenu l’attention dans cette conférence. «On a l’impression que pour certains, la Can 2017 ce n’est que le stade de Port-Gentil », a lâché Kerangal avant d’expliquer que «ce stade est jouable». «Il n’y a aucun problème technique. On a des documents techniques là-dessus. Croyez-vous que la Caf aurait pu laisser les joueurs professionnels sur ce stade s’il était blessant ?», s’est-il interrogé. «Le terrain n’est pas beau pour la télévision, mais il est super pour le jeu», a-t-il déclaré.

Le Haut-commissaire au Cocan s’est également exprimé sur les retombées de cette Can 2017. Il estime qu’il n’est pas encore temps d’en parler. «Pour les retombés, je crois qu’il est difficile d’en parler aujourd’hui», a-t-il répondu. Et pour l’image du pays, il a déclaré : «nous avons fait notre job. Soyez justes, soyez vrais. Dites la vérité de tout ce que vous avez vécu. Dites ce que vous avez vu au Gabon. Dites la vérité, c’est tout. Pas de polémique, d’arrière-pensées. Il faut dire la vérité aux gens», a-t-il martelé.

Malgré les messages de boycott sur les réseaux sociaux, sur les chaînes de radio et de télévision autant au Gabon qu’à l’extérieur, les choses se sont déroulées tant bien que mal. Raison pour laquelle, le Haut-Commissaire du Cocan s’est exprimé sur l’organisation de cette compétition, les infrastructures, les pelouses, et sur les coûts même si les chiffres devraient être présentés au mois de mai prochain dans un document officiel.