A quelques heures du coup d’envoi de la compétition, l’ambiance est plutôt mitigée dans la capitale, où une partie de la population vaque à ses occupations habituelles du début de week-end, en dépit d’affluence dans certains grands carrefours.

Un supporteur Camerounais, le 14 janvier 2017 à Nkembo. © Gabonreview

 

Au stade de l’amitié sino-gabonaise d’Angondjé, la cérémonie d’ouverture officielle de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football a débuté à 15 heures ce 14 janvier selon le programme du comité d’organisation, le Cocan. Pourtant ce matin, Libreville ne s’est pas réveillée avec sa ferveur et sa liesse de grands jours. La fête du football africain qu’accueille la capitale et trois autres localités du pays (Oyem, Franceville, Port-Gentil) n’était visiblement pas si attendue. En tout cas, pas par autant de monde qu’en 2012, alors que le Gabon organisait la même compétition aux côtés de la Guinée Equatoriale.

Instantanés de l’ambiance à Libreville, le 14 janvier 2017, avant le coup d’envoi de la Can© Gabonreview / D.R.

Au carrefour des Charbonnages dans le premier arrondissement, si quelques rares vendeurs d’écharpes, chapeaux, fanions et autres gadgets étaient déjà présents sur le terrain, jusqu’à 11 heures, l’atmosphère était encore froide voire pesante. Les choses n’ont réellement commencé à bouger qu’à 12 heures, avec l’arrivée de groupes de supporteurs et de détenteurs de billets au niveau du point de ramassage des bus devant les conduire au stade. Pour certains, le peu d’engouement enregistré au Charbonnages pourrait avoir un lien avec le fait que ce quartier soit celui où réside Jean Ping, l’un des plus farouches opposants d’Ali Bongo, dont les sympathisants ont promis de se faire entendre au cours de cette Can.

Aux abords de l’échangeur de Nzeng-Ayong dans le 6e arrondissement, le constat était le même. Seuls les vendeurs de gadgets à la sauvette rappelaient que la ville accueillait la Can. Contrairement à d’autres quartiers, rien sur la voie express PK5-Nzeng-Ayong ne fait allusion à la grande fête du football promise par les autorités.

Au carrefour Rio, l’un des plus réputés de la capitale, connu pour accueillir les manifestations de l’opposition gabonaise, la morosité était à son comble. Presque qu’aucune expression de joie n’est perceptible depuis ce matin, en dépit des cris de quelques jeunes proposant aux passants de leur peindre les couleurs de leur équipe, qui sur un bras qui sur la joue, au prix de 200 francs. L’une des raisons pouvant justifier ce climat : la présence massive depuis la veille des agents de la gendarmerie nationale dans ce carrefour. Une présence à son tour justifiée par une rumeur ayant circulé sur les réseaux sociaux deux jours plutôt annonçant une supposée prestation de serment de l’opposant Jean Ping.

Les seuls lieux où le climat est plutôt enjoué sont le marché de Nkembo dans le 2e arrondissement et l’ancienne gare routière. Là-bas, commerçants, vendeurs à la sauvette, clients et riverains rivalisent d’originalité. Chacun tentant de marquer au mieux le moment avant le coup d’envoi de la compétition.