Après le loupé des Panthères du Gabon face à la Guinée Bissau, le 14 janvier dernier à l’ouverture de la 31e Can de football, les supporteurs ont convergé, le 18 janvier, vers le stade de l’Amitié où ils espèrent, tous, vivre des moments inoubliables. Petit récit de l’ambiance avant les rencontres Gabon-Burkina Faso et Cameroun-Guinée Bissau.

Les supporteurs du Gabon manifestants avant l’entrée en scène des Panthères. © Gabonreview

 

Si l’on a brandi des mots d’ordre de boycott de la Can 2017 sur les réseaux sociaux et fait de multiples propagandes pour inviter les populations à ne pas se rendre dans les stades, il reste néanmoins que dans le cadre actuel, l’émotion et la passion semblent avoir pris le pas sur la raison. A l’observation, la mobilisation se fait petit à petit autour des équipes en compétition. En ce 18 janvier, jour du début de la deuxième journée dans la poule A, les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir. Dans la matinée, l’on a aperçu dans les artères de Libreville, les supporteurs de ces quatre équipes convergeant vers le stade situé à plus d’une dizaine de kilomètres du centre-ville de Libreville.

Un certain enthousiasme se raffermi au fil de la compétition, les choses semblent se décanter d’elles-mêmes au regard des foules qui convergent vers le stade de l’Amitié d’Agondjé. A pied, en voiture ou à moto, chacun s’est donné les moyens de se rendre au stade.

Les instantanés des supporteurs attendant le match Gabon-Burkina-Faso. © Gabonreview

Sur la route en direction du stade, des klaxons de voitures, les sons des Vuvuzelas, les supporteurs vêtus des couleurs des Panthères du Gabon, des Lions indomptables du Cameroun, mais aussi de la Guinée Bissau et des Etalons du Burkina Faso marchent, chantant les louanges de leurs équipes avec allégresse. En effet, ce sont ces quatre équipes qui entrent dans l’arène pour cette deuxième journée de compétition du groupe A. En cette circonstance, certains coins de Libreville se sont transformés en petit marché à ciel ouvert. Toutes sortes de gadgets aux couleurs des équipes en compétition ont inondé des échoppes de fortune des marchands ambulants. La restauration s’est également invitée dans la rue. Les buvettes ont ouvert tôt ce matin et des écrans de télévision ont été déployés dans ces espaces prêts à accueillir ceux qui désirent vivre ces rencontres loin du stade, mais autour d’une boisson.

Moins que le 14 janvier, le soleil n’a pas été l’ennemi des supporteurs qui pouvaient, malgré tout, se rafraichir en achetant des boissons dans des commerces improvisés sur les trottoirs des voies empruntés par les fans.

«2-1» pour le Gabon, a déclaré un supporter des Panthères à la vu de l’objectif de l’appareil photo. Enthousiasme, il croit dur comme fer que le Gabon s’imposera face au Burkina Faso. De part et d’autre, des scores fusent comme si ces matches étaient gagnés d’avance. «Ça motive de donner les scores avant le match. Ça joue psychologiquement sur les supporteurs adverses », note un supporteur du Cameroun. Avec son groupe, ils chantent «La Guinée-Bissau dans la sauce» ; une façon de dire que les Lions indomptables ne feront qu’une bouchée de leurs adversaires du jour. Mais tout cela c’est de l’ambiance en attendant le dénouement de la réalité des jeux.

«La Can se passe chez nous. Ce n’est pas tous les jours que ça arrive. Je veux vivre cette étape de la vie de mon pays et peut-être je la raconterai à mes petits-enfants», a expliqué une jeune dame drapée des couleurs du Gabon. Pour elle, la politique n’a pas sa place dans le jeu. En attendant les coups d’envoi de ces rencontres, les supporteurs de ces équipes essaient de se donner de l’espoir. Ils essaient de croire à une éventuelle victoire de leur équipe quelle que soient les limites qu’ils ont pu déceler lors des premiers matchs.