Saisi par les plaintes de certains enseignants, le ministre d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur a reçu, mardi 27 mars, son collègue de la Défense nationale pour évoquer la question du statut particulier des médecins militaires gabonais et leur participation aux concours d’agrégation au Conseil africain et malgache pour l’Enseignement supérieur (CAMES).

Guy-Bertrand Mapangou et Etienne Massard, en discussion, le 27 mars 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Dans quelques mois, auront lieu les prochaines sessions du concours d’agrégation de médecine du CAMES. Les médecins militaires gabonais entendent y prendre part ainsi qu’ils l’ont fait ces derniers temps. Seulement, les enseignants civils des universités et grandes écoles n’ont pas toujours apprécié leur façon de faire, et les accusent d’user de détours divers pour leur agrégation. Pour eux, en participant aux concours d’agrégation au CAMES comme des civils, les militaires font entorse à leur statut particulier dans la fonction publique. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les plaintes des enseignants sont entendues voire partagées.

© Gabonreview

Guy-Bertrand Mapangou a tenu à discuter de la question avec son collègue du ministère de la Défense nationale ce mardi 27 mars. Pour le ministre d’Etat, il s’agissait surtout de rappeler à Etienne Massard Kabinda Makaga le respect des textes de la Fonction publique, dans lesquels les militaires, médecins y compris, bénéficient d’un statut particulier, qui leur donne droit à quelques avantages par rapport aux civils.

«Monsieur le ministre, rien ne s’oppose à ce que les médecins militaires passent les concours du CAMES pour être assistant, maître-assistant, maître de conférence ou professeur. La condition que pose la loi, c’est la mobilité et le changement de corps», a adressé Guy-Bertrand Mapangou à son collègue du gouvernement. En clair : pour le ministre d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur, les militaires auront à choisir entre la démission de leurs fonctions et le détachement dans un service civil. Leur participation aux concours d’agrégation au CAMES ne serait plus possible en dehors de ces conditions.

Si les deux membres du gouvernement ne sont pas tombés d’accord au cours de la réunion, une rencontre avec le ministre de la Fonction publique devrait se tenir dans les prochains jours pour traiter de la question. En attendant, Etienne Massard Kabinda Makaga estime que «chacun peut, à titre individuel, faire valoir son droit». «Il (convient) de questionner les militaires : «voulez-vous rester dans la fonction publique d’Etat, en tant que militaire ou voulez-vous changer de corps parce que, ce qui vous intéresse, c’est l’enseignement à travers le CAMES», a réagi le ministre de la Défense nationale.