Pour son premier café littéraire de l’année 2017, l’Union des écrivains gabonais (Udeg) a reçu à son siège de Louis, l’auteur Éric Joël Bekale et son œuvre «Grand écart», publiée aux éditions Ndzé.

L’auteur Eric Joël Bekale et le critique Pascale Mulangui Binene lors de la présentation de Grand écart. © Gabonreview

 

Les amoureux du livre, se sont retrouvés le 25 janvier 2017, au siège de l’Union des écrivains gabonais pour un moment d’échanges autour du «Grand écart» d’Eric Joël Bekale. Cette conférence inaugurale de promotion de la littérature gabonaise et de rencontre entre ses artisans, a offert aux au public l’occasion  de revisiter ou de découvrir ce qu’était l’écosystème universitaire gabonais des années 90.

Les invités du café littéraire de l’Udeg. © Gabonreview

«C’est un roman fortement inspiré de la grève de l’Université Omar Bongo de janvier 1990. Lorsque les étudiants étaient révoltés parce qu’une rumeur avait circulé comme quoi, leurs diplômes n’étaient plus reconnus en France. Et à partir de cette revendication de reconnaissance des diplômes, les requêtes ont été élargies au manque de livres dans les bibliothèques, au manque de climatisation et sonorisation dans les amphithéâtres, à la mauvaise qualité de la nourriture dénoncée au niveau du restaurant universitaire…», a indiqué Eric Joël Bekale.

Pendant près de 180 minutes, le public a partagé  avec l’auteur  les angoisses du jeune étudiant Mayombo, le principal personnage du roman. Né à l’aube de l’indépendance, écartelé entre son amour pour la patrie qui l’a vu naître et grandir, et pour celui de la France où il a terminé ses études ; entre son amour pour sa mère et celui pour sa compagne, une Marseillaise brune et jolie ; entre son idéalisme et son ambition. Dans cette aventure, le héros semble perdu et vacille entre l’apparence trompeuse et la réalité tortionnaire. Faut-il rentrer au Gabon avec la certitude de n’obtenir un poste budgétaire qu’au bout d’une demi-dizaine d’années de galère?  Faut-il rester en France pour  faire des tâches exécrables, mais au moins être payé chaque fin de mois? Que faire?

«Grand écart» pose avec acuité le regard sur les difficultés qui gangrènent le système universitaire gabonais, le parcours du combattant, les humiliations qui s’imposent aux étudiants qui tentent de devenir  l’élite du pays et le dilemme qu’ils doivent pouvoir résoudre quant au renoncement de leur nouvelle vie en Occident pour renouer avec leur terre natale. Le roman ouvre plusieurs angles, offrant un mélange des cultures et des espaces, avec des points de vue des différents personnages.

«Ce roman me semble très intéressant. Le sujet est d’actualité pour cette nouvelle génération qui, plus que nos aînés, vit en plein exil pour une raison ou une autre», estimé Luc Yvan, un jeune lycéen.

Diplomate et écrivain, Eric Joël Bekale est l’auteur de plusieurs œuvres, notamment «Le chant de ma mère», (poèmes) ; Le cheminement de Ngniamoto, (roman); «Élévations poétiques», (poèmes) ; «Le mystère de Nguema», (nouvelles); «Un étrange week-end à Genève», (roman).