Une fois de plus, le gouvernement est pris dans ses discours contradictoires. Disant lutter pour une réduction du train de vie de l’État, il vient tout de même d’augmenter, de manière insidieuse, le nombre de conseillers dans les cabinets des ministres d’État. Soit près de 160 millions de francs annuels de plus qui prouvent qu’il ne pratique pas ce qu’il prêche.

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Le gouvernement a annoncé, au début de cette année, que les émoluments des ministres allaient enregister une baisse de 10%, conformément à une recommandation du gouvernement Ona Ondo 1, à l’issue du séminaire gouvernemental de la Pointe-Denis en janvier 2015. Largement relayée par les médias, cette annonce a sonné, dans l’opinion, comme une réelle volonté de concrétiser (enfin) une mesure souvent annoncée, mais jamais appliquée. Aucune annonce relative à l’augmentation du nombre de conseillers des ministres d’État n’a cependant été faite.

Pas d’annonce officielle

Pourtant, les 9 ministres d’État ont été autorisés à nommer un conseiller de plus dans leurs cabinets. Et, ils l’ont fait tout de suite. Au lieu de neuf, ils disposent donc dorénavant de dix conseillers ! Que ce soit Denise Mekam’ne Edzidzi, Francis Nkéa, Jean-Pierre Oyiba, Josué Mbadinga Mbadinga ou Guy-Bertrand Mapangou. Sans crier gare, sans l’annoncer aussi officiellement que lors de la mise en place des cabinets à neuf conseillers, le gouvernement a décidé de le faire de manière insidieuse. Par souci de cohérence, n’aurait-il pas fallu, en y mettant toute la transparence nécessaire, l’annoncer officiellement ? À quel moment cela a-t-il été décidé ? Le gouvernement aurait-il pris l’habitude de se mentir à lui-même ?

En disant tout mettre en oeuvre pour réduire le train de vie de l’État alors que l’on tend plutôt à l’augmenter ou à en maintenir le statu quo, on se ment effectivement d’abord à soi-même, et «ce n’est pas drôle». Car concrètement, en regardant la calculatrice, on se rend compte que l’État va encore mettre plus de «gombos» sur la table.

Coût de l’opération : 162 millions de francs ! 

On en arrive en effet à une augmentation supplémentaire de la masse salariale de plus de 160 millions de francs par an pour ces neuf conseillers de plus ! On croyait pourtant que tout était verrouillé pour respecter cette «clause» valable pour tous les ministres, mais il y avait visiblement des envies irrépressibles de passer outre, dont celle de bien différencier le cabinet d’un ministre d’État de celui d’un ministre tout court ! Une telle mesure pourrait causer des dégâts tout aussi financiers que moraux. Elle risque en effet d’avoir pour conséquence décrédibiliser le discours du gouvernement, autant sur le sujet de réduction des charges de l’État que sur d’autres.

Dans le même temps, les Conseillers à la présidence de la République et à la Primature sont en nette augmentation mois après mois. Il est vrai qu’ici, il n’y avait pas un nombre préalablement fixé.