Le directeur général de la Banque gabonaise de développement (BGD) s’est confié au quotidien L’Union, ce 8 mai. Revenant sur la récente «cabale» contre son établissement bancaire, Roger Owono Mba se défend d’une campagne visant à «nuire à l’image de la banque».

Agence de la BGD à Mouila. © bgd-gabon.com

 

Le directeur général de la BGD, Roger Owono Mba. © gabonexpression.net

Informations de comptes clients publiées sur les réseaux sociaux, attaques en tout genre dans différents titres de presse… Un micmac ayant contraint le directeur général de la Banque gabonaise de développement (BGD) à donner de la voix. «Toutes ces informations ont pour but de nuire à l’image de la banque», a déploré Roger Owono Mba, dans une interview parue, le 8 mai, dans les colonnes du quotidien L’union.

Le 20 avril dernier, en effet, des informations concernant les opérations de la banque avec certains clients, ont été diffusées sur les réseaux sociaux, avant d’être relayées par certains titres de presse écrite. «La présentation et l’exploitation déformées et orientées de ces informations, avec des affirmations et des accusations gratuites et sans preuves, montrent clairement la volonté de leurs auteurs, de nuire à l’image de la banque et à la réputation de son management», a déploré Roger Owono Mba.

S’il n’a aucune information sur les initiateurs de cette machination, le patron de la BGD est convaincu d’une chose : «Les informations diffusées ont été obtenues avec des complicités internes que nos enquêtes ont permis d’identifier, et qui se résument à une personne. Selon les informations actuellement en notre possession, il s’agirait d’un cas isolé, faisant l’objet d’une procédure disciplinaire».

Et Roger Owono Mba d’assurer que des mesures correctives ont été prises pour sécuriser les comptes clients. «Nous avons très vite détecté l’origine des fuites. Ce qui montre le relatif bon fonctionnement de notre système de contrôle informatique. Bien que le risque zéro n’existe pas, nous avons par ailleurs pris des mesures préventives pour que de tels évènements ne se reproduisent plus à l’avenir», a-t-il promis, avec une pensée pour les clients et partenaires de la banque.

«Je voudrais présenter (…) nos plus sincères à nos clients, nos partenaires et solliciter leur compréhension pour le désagrément causé», a lancé Roger Owono Mba, rassurant que la BGD reste à «l’écoute à la disposition de tous les Gabonais, quels que soient leurs niveaux de revenus et le secteur d’activités dans lequel ils exercent».

Au-delà de cet aspect, le directeur général de la BGD a également tenu à revenir sur les principales difficultés minant sa structure. «Sachant que les premières alertes datent en réalité de 2006, selon les rapports des organes de régularisation, notre établissement est confronté à deux principales difficultés : un niveau de charges élevé par rapport aux produits, et une insuffisance de ressources financières pour le développement d’une activité de crédits optimale», a-t-il rappelé.

Cette situation a notamment contraint la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) à faire injonction à la BGD de réaliser un plan social afin de réduire ses effectifs et, donc, sa masse salariale. «Et en application de cette exigence de la Cobac, le plan de redressement prévoit effectivement une baisse des effectifs et non une baisse des salaires», a précisé Roger Owono Mba, démentant ainsi la rumeur selon laquelle des coupes de salaires ont été opérés sur le personnel, en l’occurrence les gagne-petit.

«A ce jour, aucun licenciement économique n’a été prononcé. La baisse des effectifs que nous avons enregistrée ces dernières années correspond à des départs négociés (…) Le plan de restructuration ne prévoit donc pas de coupes dans les salaires, en particulier des salaires des gagne-petit. Il prévoit une baisse de toutes les charges et les charges du personnel n’ont fait l’objet d’aucune action volontariste à ce jour», a-t-il précisé.

Reste à savoir si cette sortie explicative dissuadera le gouvernement de maintenir Roger Owono Mba à son poste. Car la diffusion d’informations aussi sensibles que des opérations de la banque avec certains clients, est une faute lourde dont la responsabilité incombe au directeur général de l’établissement bancaire. Sauf que des faits littéralement similaires, certes pas à la même échelle, se sont déjà produits à la BGFIBank sans que la figure de proue de cette institution bancaire n’ait été inquiété le moins du monde.