Challengers opposés respectivement à Joël Ogouma dans le premier arrondissement et à janvier Nguema Mboumba dans le deuxième, à Lambaréné, les deux candidats malheureux ont perdu les armes à la main, avec des scores serrés.

Des scores sur des écarts réduits à Lambaréné. © Gabonactu.com

 

Le chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué a accueilli, le 18 novembre, le scrutin appelé à désigner les membres du bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG) dans les premier et deuxième arrondissements de la localité.

Au premier arrondissement, la bataille a été rude entre Richard Auguste Onouviet, le président de l’Assemblée nationale et Joël Ogouma, l’actuel directeur de cabinet adjoint 1 du président de la République. Ce dernier l’a emporté avec 1445 voix contre 1391 pour son challenger.

Après les échauffourées ayant émaillé la tentative de scrutin organisée une semaine plus tôt, c’est naturellement sous la tension que le scrutin convoqué à nouveau s’est déroulé. La discipline qu’on croyait revenue, n’était finalement pas au rendez-vous. Car, le déroulé du scrutin a offert un tableau d’irrégularités manifestement désavantageux pour le candidat Richard Auguste Onouviet. Ses proches estimant qu’en plus d’avoir bénéficié du concours de certains membres de l’organisation dépêchés par le secrétariat général du parti, Joël Ogouma a brillé par une transhumance inédite.

52 bus seraient partis de Libreville pleins d’électeurs, et trois bateaux venus de Port-Gentil pour Lambaréné. Sans pièce d’identité pour un bon nombre d’électeurs, ils se seraient procurés des récépissés délivrés par les proches d’Ogouma pour voter. De sources proches du président de l’assemblée nationale affirment sans ambages que durant l’après-midi du scrutin, Aurélien Ndoutoume, un des membres de l’organisation délégué par le secrétariat exécutif se serait installé dans l’isoloir, prétextant aider les analphabètes à accomplir leur devoir. Manque de peau, rapportent des témoins, une militante qui a simulé la naïveté aurait publiquement dénoncé le jeu auquel se livrait l’homme posté dans l’isoloir. Il se dit qu’à l’écoute du choix porté sur Onouviet, il inscrivait le nom de son adversaire et remettait le bulletin de vote à l’intéressé qui allait le jeter dans l’urne.

Alors que la fin de l’opération de vote aurait été programmée pour 20 heures, c’est à cet instant qu’un autre délégué du parti, Jean-Didier Biye, décrètera l’ouverture de trois bureaux de vote supplémentaires, pour accélérer le processus, aurait-il argumenté. En plus de cela, une suspension de l’opération est intervenue pour attendre les bus provenant de Libreville.

Au deuxième arrondissement en revanche, le scrutin s’est plutôt déroulé dans le calme. Il opposait Joseph Moundziegou, ministre délégué à l’Education nationale et Janvier Nguema Mboumba, ancien ministre délégué à l’Education.

Trois des quatre fédérations ont été remportées par l’actuel membre du gouvernement. Des scores à l’annonce qui semblaient d’avance désigner le vainqueur. C’était sans compter avec la densité des inscrits dans la dernière fédération où l’écart accumulé par Joseph Moundziegou a vite été inversé. Résultat des courses : Joseph Moundziegou 349 voix, Janvier Nguema Mboumba 371.

 Un écart léger de 22 voix qui a douché le camp Moundziegou, lequel n’est pas sans mérite. Car en cinq jours de campagne tout juste, il n’était pas loin de faire tomber un adversaire bien établit sur le terrain. Son adversaire, conseiller municipal, ancien maire du deuxième arrondissement, gestionnaire d’un établissement scolaire s’en tire plutôt en bon compte. Il pèse en effet de forts soupçons de fraude dans cette fédération, vu le grand nombre d’élèves inscrits au sein de celle-ci.

Auteur : Alain Mouanda