L’assemblée générale de l’Organisation des Nations-unies a adopté le 30 juillet courant, une directive, non contraignante, visant à combattre plus efficacement le commerce illégal des espèces sauvages menacées comme les éléphants et les rhinocéros.

Eléphants, espèce menacée. © elephantsinthelivingroom.org

Eléphants, espèce menacée. © elephantsinthelivingroom.org

 

La résolution adoptée, la première du genre, avait été présentée par le Gabon et l’Allemagne et coparrainée par plus de 70 pays. Elle encourage les 193 États membres à «prendre des mesures efficaces pour prévenir et combattre» le braconnage et la contrebande, à la fois dans les régions d’Afrique et dans les pays d’Asie, friands d’ivoire et de cornes de rhinocéros. Elle demande aussi aux pays de renforcer leurs législations, «afin de faire du commerce illicite d’espèces protégées de la faune et de la flore sauvages impliquant le crime organisé un grave délit».

Le texte demande, en outre, aux États membres qui ne l’ont pas encore fait de ratifier ou d’adhérer à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, la Convention des Nations-unies contre la criminalité transnationale organisée et la Convention des Nations-unies contre la corruption. L’assemblée générale des Nations-unies s’est déclarée très inquiète de l’augmentation continue du braconnage des rhinocéros et du nombre alarmant d’éléphants tués en Afrique. Elle estime que ces espèces «sont menacées de disparaître localement et, dans certains cas, sur l’ensemble de la planète».

En effet, sur l’ensemble du continent africain, on estime à 30 000 le nombre d’éléphants illégalement abattus chaque année pour alimenter le commerce d’ivoire, essentiellement à destination de la Chine et d’autres pays d’Asie. Il reste 470 000 éléphants d’Afrique à l’état sauvage, selon le décompte de l’ONG Elephants Without Borders (EWB), contre 550 000 en 2006. Depuis 2007, la célèbre réserve sud-africaine du parc Kruger a perdu des centaines de rhinocéros, abattus et décornés pour alimenter le marché noir de la poudre de corne en Asie. Le Mozambique, pour sa part, a enregistré une perte de la moitié de ses éléphants en cinq ans et on estime que le rhinocéros y a disparu depuis 2013.

Le ministre des Affaires étrangères, présent lors du vote, a affirmé la volonté du Gabon d’éradiquer le braconnage et la contrebande d’animaux sauvages. Pour Emmanuel Issoze-Ngondet, bien que non contraignante, «cette résolution a une force morale et on peut penser qu’elle servira de moteur pour mener à bien des actions concrètes». Les pays sont invités à intensifier la coopération régionale et internationale et à impliquer davantage les communautés locales dans cette lutte, en faisant d’elles, des partenaires actifs dans la préservation et l’utilisation durable des ressources naturelles.