Les tribunaux provinciaux ont rendu en juillet dernier, les verdicts de nombreuses affaires de braconnage et de trafic d’espèces protégées. Des décisions de justice loin de convaincre les organisations de protection des animaux.

Les décisions de justice contre les braconniers, de plus en plus contestées par les défenseurs de l’environnement au Gabon. © D.R.

 

Attendues depuis plusieurs mois, les verdicts de nombreuses affaires de braconnage et de trafic d’espèces protégées ont été rendus par les tribunaux provinciaux, en juillet dernier. Si elles ont salué des peines maximales de six mois de prison, les organisations de protection des animaux et de l’environnement ont cependant jugé cela insuffisant. A l’instar de l’ONG Conservation Justice, estimant que ces décisions sont en deçà des attentes.

L’ONG a regretté que «les peines prévues dans la Code forestier gabonais sont parmi les plus faibles du continent». Le Congo, par exemple, prévoit des peines maximales de cinq ans de prison, tandis que le Cameroun requiert des peines maximales de trois ans pour les auteurs de chasse illégale et de trafic de faune. Au Bénin, au Burkina Faso ou encore au Niger, des peines allant de cinq à 10 ans sont requises.

De ce point de vue, l’on comprend mieux la déception de Conservation Justice. A Oyem, membres des ONG et avocats ont regretté l’issue de l’affaire Serge Nzamba. «Arrêté le 11 avril 2018 par les agents de la brigade centre de Mitzic, avec deux pointes d’ivoire pesant 22,3 kg, il a été déclaré non coupable de l’infraction de commercialisation», a regretté Conservation Justice.

Idem pour le duo Sissoko Biram–Cissé Mamadou qui détenait 25 kg d’ivoire au moment de son arrestation, le 11 mai 2018. Ou encore, Jean-François Ekazama, pris avec quatre pointes d’ivoire le 5 juin 2018. Ces derniers ont tous été déclarés non-coupables de l’infraction de commercialisation. «Reconnus coupables des infractions de détention et de transport, leur sort a été plutôt clément puisqu’ils ont écopé de trois mois de prison ferme», a relevé l’ONG.

«Pourquoi ne pas considérer la commercialisation illégale d’autant plus que les concernés ont été arrêtés en flagrant délit alors qu’ils étaient occupés à finaliser une transaction ?», s’est demandée Conservation Justice. Autre déception confortant l’idée qu’il faut durcir la peine pour les délinquants fauniques, l’affaire «Nouhou Adamou».

Arrêté le 15 février 2018 avec ses complices Kéita Oumar, Issouma Ila et Kéita Ousmane, Nouhou Adamou est tombé ce jour-là, pour une seconde fois, dans les filets des Officiers de police judiciaire (OPJ). «Il s’agit donc d’un récidiviste contre lequel la sentence aurait pu être lourde», a souligné Conservation Justice, affirmant qu’il s’agit d’un agent des Eaux et Forêts qui utilise sa fonction pour organiser le trafic d’ivoire.

Alors que cela est puni par le Code pénal, le prévenu n’a a écopé que de six mois de prison ferme. Ce, malgré le caractère récidiviste et la quantité d’ivoire saisie. Soit 13 pointes et 32 morceaux du précieux produit. En se demandant ce qu’il faut faire pour que les peinent soient plus coercitives et dissuasives, les défenseurs de l’environnement soutiennent que «la réponse se trouve sans doute dans la révision du Code forestier et son application stricte».