102 anciens employés de la filiale locale de Bouygues Energies et Services attaquent la multinationale française devant le conseil de prud’hommes, pour le paiement intégral de leurs droits légaux.

Des employés de Bouygues à Port-Gentil (archives). © Gabonreview

 

Plus d’un an après la faillite de l’opérateur global des énergies et des services, et le départ des responsables de sa filiale gabonaise, ses ex-employés ont saisi le conseil de prud’hommes à Versailles, en France. La saisine porte sur les impayés de salaire, rupture abusive de leur contrat avec la société et le non-respect des indemnités légalement dues. Le procès s’ouvre le 4 décembre prochain.

En octobre 2017, la filiale gabonaise de la multinationale avait annoncé la fin de ses activités due aux «créances impayées». Soit 12,5 millions d’euros de créances, dont près de 11 millions d’euros de créances publiques et parapubliques, selon un porte-parole de Bouygues en France. «Malgré un échéancier négocié en 2016, aucune des échéances n’avait été honorée».

Fait ubuesque, les 223 employés avaient été licenciés par visioconférence depuis Paris. Cent treize d’entre eux ont refusé les indemnités proposées et ont saisi la justice à Libreville, en mai 2018. «Aucune procédure de licenciement et d’indemnisation n’a été faite conformément à la loi. Ces indemnités proposées ont été calculées sans l’accord de l’Inspection du travail et le montant est bien inférieur aux droits légaux», estime le conseiller juridique de plusieurs ex-salariés, Me Octave Nang. Ils espèrent avoir gain de cause au conseil de Prud’hommes.

Avec un bureau à Libreville et à Port-Gentil, Bouygues Energies & Services comptait plus de 200 employés au Gabon. La firme française proposait des services de maintenance multi technique, téléphonie et systèmes de communication, froid et climatisation, onduleurs (UPS), groupes électrogènes, postes HTA/BTA, génie électrique, adduction d’eau potable, réalisation et maintenance de réseaux HTA/BTA.