Le directeur général de l’agence nationale des bourses du Gabon a fixé les nouveaux critères d’attribution. 80% du montant alloué sera désormais destiné aux séries scientifiques et 20% aux autres séries. De plus, les étudiants doivent répondre au critère d’âge et de moyenne. Des exigences jugées discriminatoires les étudiants.

La devanture de l’agence nationale des bourses du Gabon.© Facebook ANBG

 

Arrivé à la tête de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), il y a moins de 12 mois, le directeur général vient de repenser les modalités d’attribution mettre des bourses.

Dans une note circulaire datée du 25 octobre adressée aux responsables des commissions techniques, Emmanuel Berre priorise les séries scientifiques, conformément aux nouvelles priorités du gouvernement.

Désormais, dit-il, «80% du montant alloué sera réservé aux séries scientifiques technologiques et professionnelles, puis 20% aux autres séries. De plus les étudiants doivent répondre au critère d’âge et de moyenne de classe».

S’il affirme se conformer à la règlementation en vigueur en la matière, les critères édictés par Emmanuel Berre sont jugés discriminatoires et injustes par certains étudiants. Ces derniers disent se fonder sur l’article 7 du décret 0404/PR/MENESTFPRSCJS du 26 septembre 2012, fixant les conditions d’attribution, de transfert, de suspension de bourses, d’orientation, ainsi que les modalités de prise de charge par l’Etat des élèves étudiants boursiers au Gabon et à l’étranger.

Selon cet article, «peuvent prétendre aux bourses d’études de l’enseignement supérieur, les candidats remplissant les conditions suivantes : justifier de l’obtention du baccalauréat ou d’un titre équivalent ; effectuer les études régulières et à plein temps conduisant à l’obtention d’un diplôme sanctionnant normalement les études considérées».

Si les étudiants s’interrogent sur le fondement de nouveaux critères, ils sont surpris par la précipitation avec laquelle le patron de l’ANBG envisage de les appliquer. En effet, Emmanuel Berre fait injonction aux responsables des commissions techniques d’appliquer immédiatement ces nouveaux critères.

Or, selon l’article 8 du décret fixant les conditions d’attribution de ces allocations, les commissions techniques de l’ANBG sont soumisses à l’autorité du ministère de l’Education nationale. Si pour l’instant aucune explication ne leur a été donnée, les étudiants envisagent de porter l’affaire devant le Conseil d’Etat. Dans un pays où le système scolaire est dominé à 90% par les séries non scientifiques, les nouvelles dispositions programment une grande partie de la jeunesse gabonaise à une «mort scolaire» certaine.