Selon le ministre de la Fonction publique, l’opération de mise sous bons de caisse des fonctionnaires de l’Estuaire a permis de montrer que plus de 6500 d’entre eux ne se rendent pas sur leur lieu de travail mais toucheraient leur salaire chaque fin du mois.

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Deux jours seulement après la fin de la première phase de l’opération de contrôle des effectifs des agents civils de l’Etat, et alors même que la phase des réclamations a démarré hier, le ministre de la Fonction publique a dévoilé ce jeudi 26 juillet les résultats de ladite opération à l’Estuaire. Selon Ali Akbar Onanga Y’Obegue, plus de 6500 fonctionnaires fraudeurs supposés ont été débusqués dans la province. Ces derniers «ne viennent pas au travail» bien que touchant leur salaire chaque fin du mois.

Au gouvernement, ces premiers résultats loin de satisfaire, sont plutôt bien accueillis au regard de l’empressement à les rendre public. Ils visent notamment à convaincre l’opinion de ce que l’opération lancée le 17 juillet dernier est nécessaire en temps de crise, qu’elle cadre avec la stratégie gouvernementale visant à réduire le train de vie de l’Etat par la réduction de la masse salariale. Pourtant, des doutes subsistent.

A ce stade, le gouvernement est-il capable de déterminer le nombre exact des fonctionnaires fraudeurs, alors que certains disent n’être pas entré en possession de leur bon de caisse, malgré leur présence effective au poste ? Quid des fonctionnaires dont les attestations n’ont pas été signées par leur hiérarchie, les retardataires, les agents en stage ou ceux ayant été mal affectés ?

Il n’empêche, Ali Akbar Onanga Y’Obegue semble convaincu ce jeudi 26 juillet que la plupart des 6500 fonctionnaires fantômes débusqués résident hors du Gabon. Le ministre soupçonne d’ailleurs que ce chiffre est en deçà de la réalité. Aussi promet-il des sanctions administratives, pécuniaires et judiciaires à l’encontre des indélicats.

Le gouvernement informe par ailleurs que 35 503 bons de caisse ont été distribués durant les huit jours de la première phase de l’opération.