Difficile pour les dirigeants africains d’atteindre, mieux de dépasser, la barre de l’intégrité et du leadership d’excellence fixée par la Fondation Mo Ibrahim, afin de décrocher le Prix Mo Ibrahim.

Le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim. © lemonde.fr

 

Pour la sixième fois en dix ans, après (2009, 2010, 2012, 2013 et 2015), le Prix Mo Ibrahim ne trouve pas preneur, pour son sacre de la «gouvernance exceptionnelle». Pour l’année 2016, la Fondation Mo Ibrahim n’a pas trouvé de candidat digne pour cette prestigieuse distinction dotée d’une enveloppe de 5 millions de dollars versés sur 10 ans. Par ailleurs, le lauréat bénéficie d’une allocation annuelle de 200 000 dollars à vie.

«Après des discussions approfondies et mure réflexion, le comité a décidé de ne pas attribuer le prix 2016», a annoncé le 28 février 2017, le président du comité indépendant d’attribution du prix, le Dr Salim Ahmed Salim, au terme d’une réunion, affirmant avoir délibérément choisi de placer la barre très haut.

La distinction Mo Ibrahim. © wdn.com.ng

Ce prix vise à récompenser les anciens chefs d’Etat africains qui ont accepté de jouer le jeu de l’alternance démocratique, qui n’ont pas tenté de «violer» la Constitution de leur pays, et qui se sont impliqués, après leur départ pacifique du pouvoir, dans des causes chères à l’évolution du continent. Des critères qui paraissent très rigoureux, voire sévères quand on connaît l’état des mœurs et pratiques politiques sur le continent. Un baromètre qui démontre aisément de la panne de bonne gouvernance en Afrique.

Depuis sa création en 2006, le Prix Ibrahim a été décerné à quatre reprises, respectivement à l’ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano (2007), à l’ancien président botswanais, Festus Mogae (2008), à l’ancien président du Cap-Vert, Pedro Pires (2011), et à l’ancien président namibien, Hifikepunye Pohamba (2014). Nelson Mandela a été nommé «Lauréat d’honneur» lors de la première cérémonie de remise du prix en 2007.