Plusieurs mois de salaires impayés avec comme issue probable, un plan social impliquant le limogeage de la quasi-totalité de ses employés : rien ne va plus au sein la Société nationale des bois du Gabon (SNBG). Pourtant présentée comme un des symboles de l’industrialisation de la filière bois amorcée en 2009, la société a plus que jamais un pied dans la tombe.

Le siège social de la SNBG à Libreville. © static.panoramio.com

 

Présentée comme un des symboles de l’industrialisation de la filière bois amorcée en 2009, la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) semble à bout de souffle. De sources internes, plusieurs éléments laisseraient croire que la société mettra la clé sous le paillasson, si rien n’est fait dans les prochains mois, ou les prochaines semaines. Et pour cause, la société ne parvient plus du tout à assurer ses charges.

«Engluée dans des difficultés financières insurmontables, le fleuron industriel national n’arrive plus à faire face à toutes ses charges, notamment son usine d’Owendo privée depuis des mois de sources d’alimentation en électricité», a notamment relayé directinfosgabon.com. L’entreprise est actuellement engagée dans un plan social avec comme point de départ, le licenciement intégral de tous les agents.

Une situation sur laquelle le gouvernement ne s’est jamais prononcé jusqu’ici, alors que les prémices d’une telle issue couvaient déjà depuis janvier. A cette période, en effet, les 250 employés de l’usine d’Owendo totalisaient déjà cinq mois d’impayés de salaires. Conséquence de la crise économique que traverse le Gabon ou mauvaise gestion de l’entreprise ? La question était sur toutes les lèvres, sans qu’aucune réponse concrète ne soit cependant apportée.

Il n’en fallait pas plus pour que le directeur général de la SNBG soit mis en cause par une partie de l’opinion. D’autant que le nom de Serge Rufin Onkana a été cité en juin 2016 dans le ramdam financier des «Panama Papers», du nom de cette fuite de documents de Mossack Fonseca, cabinet panaméen spécialisé en droit commercial, services fiduciaires et conseil en placement.

Dans tous les cas, la multiplication de publications sur le mauvais état de santé de la SNBG sonne comme un couac, au moment où d’énormes efforts sont consentis par les partenaires internationaux pour soutenir le «Gabon vert». En vue d’appuyer le gouvernement gabonais dans la mise en œuvre de son programme, la Banque africaine de développement (Bad) a débloqué, en octobre 2016, une enveloppe de 985 millions de francs CFA.

Un appui qui devait également permettre d’épauler la SNBG dans la conception de l’étude de faisabilité de la production industrielle d’énergie verte, à partir des sous-produits d’exploitation et de transformation du bois. Un projet qui pourrait ne jamais voir le jour en l’état actuel des choses. A moins que le salut de la SNBG ne vienne de la Chine.

En visite à Libreville en avril dernier, le Président directeur général (P-DG) de Yihua Enterprises Group avait signé avec le gouvernement, un protocole d’accord selon lequel son groupe investira 590 milliards de francs CFA au Gabon. Un séjour au cours duquel Li Shaoxi avait visité différents sites de la SNBG, sans écarter la perspective d’en devenir un actionnaire stratégique. De quoi espérer une éclaircie pour la société ? L’avenir nous le dira certainement.