La fortune du clan Bongo bâtie frauduleusement en France avec des deniers publics détournés du Gabon, entre la fin des années 1980 et jusqu’en 2008, s’estime à plus de 68 millions d’euros, soit plus de 44 milliards de francs CFA.

Les «biens mal acquis» du clan Bongo évaluent à 68 millions d’euros soit plus de 44 milliards de francs CFA. © sharkarkproject.com

 

Les investigations des juges français chargés du volet gabonais de l’affaire des «biens mal acquis» évaluent à 68 millions d’euros soit, plus de 44 milliards de francs CFA, le montant total du patrimoine immobilier et mobilier de la famille Bongo. Il aurait été acquis frauduleusement en France avec des deniers publics détournés du Gabon.

Si ce montant peut paraître démesuré comme butin d’une captation familiale au sein d’un pays pétrolier, dont 30% de la population perçoit des revenus sept fois inférieurs à la moyenne nationale, selon les magistrats français, pour la fortune de la famille Bongo, le patrimoine de 68 M€ n’est pas tout à fait en adéquation avec les émoluments officiels du président de la République du Gabon, évalués à 15 000 € par mois, soit près de 10.000.000 de francs CFA.

«Et encore, il convient de relativiser le montant, car seuls les biens immobiliers, saisis en 2016 par les juges Roger Le Loire et René Grouman sont pris en compte. En l’occurrence trois hôtels particuliers à Paris et sept villas à Nice, entretenus à grands frais. Une saisie à minima», précise le journal en ligne leparisien.fr. Rappelant qu’en 2009, un document de l’ONG Transparency International, partie civile dans le dossier, faisait état à l’époque de 33 propriétés dans la capitale et sur la Côte d’Azur.

Selon les conclusions de l’enquête, l’ancien chef de l’Etat du Gabon avait acquis des biens en France depuis la fin des années 1980 et jusqu’en 2008. A titre personnel, sous son nom de naissance Albert-Bernard Bongo mais aussi à travers deux sociétés civiles immobilières écrans, la SCI Emeraude et la SCI de La Baume. L’enquête démontre également, le rôle majeur joué par une société française, Atelier 74, spécialisée dans la décoration intérieure, et par ses dirigeants. De plus, selon le rapport de synthèse des policiers, «les acquisitions n’ont pu se faire que par la complaisance d’un notaire et de la banque BNP Paribas».