Vieux de plus de 50 ans, le centre médical de Bitam, au nord du Gabon, a récemment été victime d’un incendie dans son service maternité. Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer dans cette structure laissée à l’abandon depuis plusieurs années.

A l’abandon depuis des années, le centre médical de Bitam a été victime d’un incendie récemment. © Blogspot/Pahé

 

Déjà fortement éprouvé par l’usure du temps, le centre médical de Bitam dans le département du Ntem a été victime d’un incendie dans la nuit du 28 au 29 mars. Tout serait parti d’un court-circuit électrique, selon des témoignages recueillis par Radio Gabon. Le feu, circonscrit grâce aux vigiles de l’Union gabonaise des banques (UGB), n’a pas moins épargné le service maternité de la structure. L’incendie a touché plusieurs compartiments du service, dont la salle d’accouchement et celle des infirmiers.

A Bitam, cet incident n’étonne pas. Certains s’y attendaient, et regrettent que depuis plusieurs années, le centre n’existait déjà plus que de nom. A l’abandon, dépourvu de médicaments et parfois de personnel médical, le CMB avait tourné le dos aux populations de cette ville du Woleu-Ntem qui le lui rendaient bien. Pour se faire soigner, certains, selon leurs moyens financiers, ont jusqu’à lors recours aux cliniques privées de place à défaut de se rendre à Oyem la ville voisine ; d’autres, plus aisés, choisissent d’aller se faire traiter au Cameroun voire en Guinée équatoriale.

Le centre médical de Bitam a été construit dans les années 1960. Depuis plusieurs années, il n’a reçu que de rares et légers travaux de réhabilitation. La dernière fois que la structure a reçu la visite d’une haute personnalité du pays, c’était en mai 2014, à l’occasion de la tournée dénommée «Gabon profond» initiée par Sylvia Bongo Ondimba. Sur place, la Première dame n’était pas passée à côté des nombreuses difficultés rencontrées aussi bien par le personnel soignant que par les patients, particulièrement au service maternité, où on lui avait réclamé plus de sage-femme, de gynécologues, de stomatologues, des couveuses, de plaques chauffantes, des kits d’accouchement et divers consommables.

Au moment où le président de la République envisage d’améliorer l’accès aux soins aux populations, particulièrement à l’intérieur du pays ; à quelques jours de l’entrée en vigueur de la gratuité des frais d’accouchement, en vue de réduire le taux de mortalité infantile et maternelle, gageons que des structures telles que le CMB bénéficieront d’une meilleure attention. Pour l’heure, certains les perçoivent comme des «mouroirs».