Avec le report du premier procès lié à l’affaire dite des «biens mal acquis» visant Teodorin Obiang, la famille du défunt Omar Bongo, citée dans la même affaire, peut encore mieux préparer sa défense en attendant la réouverture du dossier par la justice française. Les héritiers du défunt président ont beaucoup à perdre dans cette affaire.

Le renvoi du premier procès des biens mal acquis permet-il aux héritiers d’Omar Bongo (ici Pascaline Mferri et Ali Bongo) de mieux préparer leur défense ? © D.R.

 

Poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption, dans le cadre de l’affaire dite des «biens mal acquis»,  Teodorin Obiang, fils du président Equato-guinéen, encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 50 millions d’euros.

Son procès au tribunal correctionnel de Paris a été renvoyé au moins jusqu’au 19 juin 2017, suite à la demande de son avocat le 2 janvier dernier. Si l’actuel vice-président de la Guinée Equatoriale n’a pas cessé de contester les faits qui lui sont reprochés depuis la plainte des ONG Sherpa et Transparency International en 2007, au cours des six prochains mois, ses avocats travailleront à muscler sa défense et à préparer l’attaque. Les avocats des Bongo devraient sans surprise leur emboiter le pas.

Au Gabon, en effet, ce renvoi donne une marge de manœuvre non négligeable pour les conseils de la famille Bongo, d’autant que dans cette affaire, le défunt Omar Bongo est également cité au même titre que Denis Sassou Nguesso du Congo. Ali Bongo, fils du défunt président gabonais l’ayant succédé à la tête du pays en 2009 avant d’en être reconduit en août dernier, a beaucoup à perdre.

Avec sa sœur aînée Pascaline Mferri, ils sont les principaux légataires de la fortune du défunt patriarche. C’est donc peu dire s’ils ont intérêt à saisir l’opportunité que leur offre ce renvoi pour faire échec à tout risque de condamnation.

En avril 2016, à l’annonce de la saisie supposée des propriétés de la famille Bongo dans le cadre des enquêtes liées à cette affaire et visant principalement la société civile immobilière (SCI) Emeraude, l’on avait déjà échafaudé quelques stratégies pour tenter de dédouaner les membres du clan Bongo.

Pourtant, vraisemblablement créée en 1997, la SCI qui gérait une villa à Nice, d’une valeur de 11,5 millions d’euros, et un hôtel particulier dans le XVIe arrondissement de Paris, aurait un temps appartenu à Omar Bongo, son épouse Edith Lucie puis à Pascaline Mferri, à en croire Radio France internationale (RFI).

Or, la gérante de la SCI, une Française, est aujourd’hui poursuivie pour recel de blanchiment de détournement de fonds publics. Pour le clan Bongo, il s’agit désormais-à moins que cela ait été fait depuis longtemps- de se dessaisir de leurs parts supposées dans Emeraude, et à la justice française de prouver, non seulement que certains biens appartiennent bien à Omar Bongo, mais que ceux-ci ont été acquis grâce au détournement de l’argent public du Gabon. L’année qui démarre devrait être remplie pour les deux parties.