Selon des documents circulant de manière virale sur les réseaux sociaux, quelques jours après la sortie du directeur général de la Banque gabonaise de développement (BGD), Roger Ovono Mba, dans le quotidien L’Union, cette banque de l’Etat gabonais aurait été mise sous administration provisoire par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac).

Immeuble abritant le siège de la BGD à Libreville. © D.R.

 

Des documents signés le 20 mars 2017 à Libreville par le président de la Cobac, Abbas Mahamat Tolli, mettent en effet sous administration provisoire la BGD.

Lors de sa session du 10 novembre 2015, la Cobac était parvenue au constat selon lequel, «la persistance des infractions et le non-respect des recommandations ainsi que des injonctions de commission bancaire résultent de la paralysie de l’organe délibérant de la BGD et sont imputables à l’incapacité des membres du conseil d’administration, à obtenir des actionnaires la réalisation des mesures attendues pour la recapitalisation de la BGD». Sur cette base, précisent les mêmes sources, la Cobac avait décidé de «démettre d’office les membres du conseil d’administration de la BGD». Par ailleurs, une injonction avait été faite à la direction générale de la BGD de soumettre à la Cobac, au plus tard le 31 décembre 2016, un plan de restructuration de cet établissement.

Si la Cobac a bien reçu ce plan de restructuration, celui ne répondait pas aux exigences de l’autorité de contrôle bancaire qui l’a jugé «incohérent et irréaliste», en sa session ordinaire du 9 mars 2016. La BGD avait été promptement invité à présenter un plan de restructuration «crédible» au plus tard le 31 mai 2016. Une injonction non respectée par les responsables de la BGD. Ce n’est que le 28 novembre 2016 qu’ils transmettront à la Cobac un nouveau plan de restructuration centré autour de trois axes : la réorientation de la vision stratégique de la BGD, le rétablissement de l’équilibre financier d’ici 2020 et la réduction des charges d’exploitation.

Malgré ce nouveau plan, la Cobac a estimé que sur la base de l’analyse des comptes de ces dernières années, les indicateurs livrés par la BGD sont pour l’essentiel au rouge. «L’activité demeure atone sur la période avec une baisse tant des dépôts de l’ordre de 43,5% que des crédits de 48,6%». Par ailleurs, la couverture des crédits par les dépôts n’est plus assurée de façon structurelle. Ce qui a obligé la banque à rechercher des ressources parfois à des conditions très onéreuses. La Cobac relève également, entre autres, que le Produit net bancaire (PNB) de la banque a baissé de 60,6% entre 2014 et 2015, tout comme la rentabilité d’exploitation n’est plus assurée. Eu égard à ce constat, le président de la Cobac, au sortir de la réunion du 20 mars 2017, a été habilité à désigner un administrateur provisoire à la BGD et de fixer ses missions, ainsi que sa rémunération.