Vingt mois après son incarcération à la prison centrale de Libreville, l’ancien député démissionnaire du Parti démocratique gabonais (PDG), soutien de Jean Ping à la présidentielle d’août 2016, a bénéficié d’un non-lieu pour une partie des chefs d’accusation pesant sur lui. Il reste donc toujours incarcéré à «Sans-Famille».

Bertrand Zibi Abeghe (archive). © D.R.

 

Bertrand Zibi Abeghe a bénéficié le 15 mai dernier d’un non-lieu. Le premier juge d’instruction du tribunal de première instance de Libreville a abandonné une grande partie des charges retenues contre lui, ayant conduit à son arrestation puis son incarcération à la prison centrale de Libreville, le 1er septembre 2016. L’information a été donnée, lundi 28 mai, par Georges Mpaga (ROLBG), le pasteur Georges Bruno Ngoussi et Eliane Oyougou dans un communiqué conjoint.

Les trois acteurs de la société civile précisent toutefois que l’ancien député démissionnaire du PDG et soutien de Jean Ping à la présidentielle d’août 2016 poursuivra son séjour en prison. Il est renvoyé au tribunal correctionnel, où il aura à répondre du délit d’«instigation à commettre des troubles ou manifestations contre l’autorité de l’Etat».

Pour Georges Mpaga, Georges Bruno Ngoussi et Eliane Oyougou, l’accusation qui maintient Bertrand Zibi Abeghe à «Sans-Famille» est peu convaincante. Les membres de la société civile estiment, en effet, que la détention l’ancien élu de Minvoul «est de nature politique». Ils croient savoir que c’est «pour avoir exprimé publiquement sa désapprobation de la gestion scabreuse du pays sous l’administration d’Ali Bongo et réclamé respect du vrai résultat de l’élection présidentielle du 27 août 2016 gagné par Jean Ping» que Bertrand Zibi est maintenu en détention. Aussi, exigent-ils sa «libération sans condition» ainsi que celle d’autres opposants qu’ils considèrent comme des «prisonniers politiques».

Les charges ayant été abandonnées par le premier juge d’instruction sont : le crime contre la paix publique, l’association de malfaiteurs, l’instigation aux actes ou manœuvres de nature à provoquer des troubles ou manifestations contre l’autorité de l’Etat, l’incitation aux violences et voies de fait, la non-assistance à personne en danger, la détention illégale d’armes à feu, les coups et blessures volontaires aggravés et la séquestration arbitraire.