«Monsieur Zibi a confirmé avoir été sauvagement torturé pour une raison très simple. On l’accuse d’avoir détenu un téléphone portable…», telle est l’une des phrases de la déclaration faite ce 26 janvier 2018, au tribunal de Libreville, par Jean-Paul Méthode Ibong Fadi, l’avocat de l’ancien député du PDG, Bertrand Zibi Abeghe.

Me Jean Paul Méthode Ibong Fadi s’exprimant à l’issue de l’audition de Bertrand Zibi, le
26 janvier 2018, à Libreville. © Gabonactu.com

 

Placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt de Libreville depuis août 2016, l’ancien député démissionnaire de Bolossoville pour le compte du Parti démocratique gabonais (PDG), Bertrand Zibi Abeghe, subit actuellement des tortures et sévices corporels. C’est du moins l’essentiel de la déclaration faite par son avocat qui a sollicité une audience avec le doyen des juges pour s’enquérir de la situation.

Très relayé récemment par les réseaux sociaux, l’état de santé de ce soutien de l’opposant Jean Ping est devenu très préoccupant pour ses partisans et pour les membres de sa famille. D’abord au conditionnel, l’ancien député de Bolossoville a personnellement confirmé les souffrances qu’il endure à la prison centrale de Libreville.

«Monsieur Zibi a dit qu’après une fouille dans sa cellule, des téléphones ont été retrouvés et le directeur de la prison a jugé nécessaire, en présence de son adjoint que les matons puissent lui administrer des coups et des sévices corporels. Il a confirmé que cela s’est passé devant le directeur adjoint de la prison, selon ses propres termes et qu’il fallait terminer le travail. Ce qui a été fait», a rapporté son avocat.

S’il explique que cette sortie de Bertrand Zibi de la prison pour le palais de justice ne concerne pas le dossier pour lequel il a été placé sous mandat de dépôt, son avocat a indiqué que c’est à titre de renseignements qu’on l’a extrait. «C’est uniquement à cause des sévices corporels qu’il a subi et de la lettre que nous avons adressée aux autorités judiciaires qu’il a été extrait par madame le doyen des juges», a précisé Me Ibong Fadi, ajoutant que l’ancien député du PDG se «porte apparemment bien». Sauf qu’après avoir subi un tel traitement, a soutenu l’avocat, il faudrait bien requérir les services d’un médecin ou ses avis afin de savoir s’il n’y a de trouble sérieux pour son intégrité physique.

Ne cernant pas les raisons de cette violence sur son client, l’avocat annonce qu’il se réserve le droit de porter plainte contre les bourreaux de Bertrand Zibi. «Nous estimons que nous sommes dans un Etat de droit. Il faudrait bien que l’intégrité physique de tous nos citoyens puisse être préservée, fussent-ils embastillés ou pas. Il n’est pas normal que les citoyens qui sont déjà placés sous mandat de dépôt, qui sont en détention préventive, puissent subir de tels sévices. Et même s’il n’était pas en détention préventive, nul ne doit être torturé pour ses opinions ou les actes qu’il aurait commis. La Constitution interdit cela», a expliqué Me Ibong Fadi.

Bertrand Zibi «fait l’objet d’une procédure criminelle», a affirmé son avocat qui a aussi indiqué que la procédure se poursuit normalement. Une audience est d’ailleurs prévue chez le juge d’instruction la semaine prochaine.

L’audience s’est tenue en présence du collège d’avocats qui le défend. Le consul des Etats-Unis, puisque que l’ancien député a également la nationalité américaine, était présent au tribunal. Il n’a toutefois pas été autorisé à participer à cette rencontre. Ce qui est somme toute normal et n’intègre pas la procédure judiciaire.

En attendant, la balle est dans le camp de Bertrand Zibi Abéghé qui pourrait autoriser ses avocats à engager des actions judiciaires contre la Maison d’arrêt de Libreville.