Les enseignants désignés pour la correction des épreuves du Brevet d’études de premier cycle (BEPC) session 2017, à l’intérieur du Gabon, renoncent à la tâche, pour défaut de frais de mission, absence de perdiem, arrestation arbitraire de Marcel Libama.

© D.R.

 

L’année scolaire 2016-2017, n’a pas fini de surprendre par ses particularismes. Consommée à un tiers de sa durée normale, soit seulement 3 mois de cours sur les 9 prescrits, la voici encore perturbée dans sa dernière ligne droite forcée par les autorités pour lui conférer une crédibilité.

Les enseignants affectés à l’intérieur du pays pour la correction des épreuves du Brevet d’études de premier cycle viennent de se désister. «Situation inédite». Au-delà des préalables des enseignants,   indique le délégué administratif de la Conasysed, Louis Patrick Mombo, «les codes d’anonymat dans les centres d’examens» ne sont pas encore disponibles.

Si l’arrestation du conseiller stratégique de la Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale figure parmi les raisons de ce boycott de fin d’année scolaire, il reste que les motivations soutenant cette initiative ne sont pas nouvelles. Il s’agit du sempiternel problème de «frais de mission et de perdiem». Ainsi, pour tenter de sauver la face auprès des syndicalistes ayant appelé au boycott et des enseignants frondeurs, la direction des examens et concours, tenterait actuellement de s’attacher le soutien des enseignants n’ayant initialement pas été retenus dans les jurys d’examen. «Les corrections se poursuivent avec beaucoup de difficultés pour sauver les apparences, il faut toutefois relever que plusieurs enseignants qui n’étaient pas retenus dans les jurys d’examen sont appelés à la rescousse quand ceux retenus officiellement se désistent», précise le délégué administratif de la Conasysed, assurant que «beaucoup d’enseignants savent que les vacations 2017 ne seront pas payées, car les signes annonciateurs sont perceptibles».

À environ une semaine du début des épreuves écrites du Baccalauréat, session de juillet 2017, les risques d’une continuité de boycott planeraient. Car, les mêmes enseignants retenus pour le BEPC sont pour la plupart retenus pour le BAC. «Ne dit-on pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets? Au ministère de l’Éducation nationale où le déni de réalité est la chose la mieux partagée, c’est motus bouche cousue en attendant de peaufiner une contre-vérité à servir à l’opinion nationale et internationale», déclare Louis Patrick Mombo.