Si certains en doutaient encore, le vice-Premier ministre a récemment tenu à rappeler que, bien que soutenant Ali Bongo, il se considère comme un «héritier naturel politique» des défunts président de l’UPG et secrétaire exécutif de l’Union nationale.

Bruno Ben Moubamba. © D.R.

 

Avant son départ pour l’Angola où il est allé s’«imprégner du modèle de ce pays frère pour loger les Gabonais», sur sa page Facebook, le 24 janvier, Bruno Ben Moubamba a tenu à faire une précision sur son nouveau positionnement politique : il est «l’allié et le soutien le plus objectif» d’Ali Bongo depuis sa nomination comme numéro 2 du gouvernement. Et si le vice-Premier ministre a dit avoir «confiance en ‘‘l’égalité des chances’’ du président [de la République] qui nous conduira vers le ‘‘Gabon d’après’’», il ne s’est pas moins présenté comme un «héritier politique naturel de Pierre Mamboundou et de Mba Obame». Une position qui, à l’en croire, impose la fidélité. Or, lui, a-t-il semblé revendiquer, n’a jamais trahi. Ni depuis son entrée au gouvernement ni avant celle-ci. «Je suis et je reste un opposant à part entière, qui n’a pas de compte à rendre à ceux qui ne l’ont jamais soutenu, ni en 2009, ni par la suite», s’est défendu le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR).

Comme pour confirmer son appartenance à l’opposition, dont une partie semble l’avoir vomi depuis son prétendu ralliement à la majorité, Ben Moubamba a tenu à indiquer qu’il n’est pas «l’ami politique du système PDG» et qu’il ne le deviendra jamais. Son soutien à Ali Bongo tiendrait simplement du fait qu’il apparaît le mieux placé pour défendre le projet politique, «le Gabon d’après», qu’il a lui-même présenté aux Gabonais lors de l’élection présidentielle d’août 2016. Un projet qui envisageait principalement de «normaliser notre pays pour donner un sens aux souffrances de tous ceux qui ont trop souffert». Et à en croire celui qui a dit avoir accepté la main tendue de son adversaire politique «pour l’honneur et pour l’histoire, sous l’œil de la providence et sous un soleil de vérité», le chef de l’Etat ne l’a «pas acheté mais donné une position». Aussi, a-t-il exhorté «la Nation» à respecter «l’institution du président de la République trahie par ses faux amis». Difficile ne pas voir une nouvelle pique en direction de ses détracteurs, aussi bien au sein de l’opposition que dans l’entourage d’Ali Bongo.