Passé dans l’ombre depuis son limogeage du gouvernement, le président de Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) prétend être la cible du pouvoir gabonais, qui tente de le «manipuler», voire de l’«empoisonner».

Bruno Ben Moubamba, le président de l’ACR, dit être en danger de mort. © Gabonreview

 

Bruno Ben Moubamba n’aurait pas le sommeil tranquille ces derniers jours. Comme mis en quarantaine par Ali Bongo qu’il n’a cessé de présenter comme son allié et partenaire, l’ancien vice-Premier ministre dit craindre pour sa vie. Lui, l’habitué des longues grèves de la faim, accuse ses associés d’hier de «tenter de (le) manipuler via des agents doubles», voire de vouloir l’«empoisonner». C’est en tout cas ce qu’il a posté ce mercredi 20 juin sur sa page Facebook. Le choix de la photo le représentant à côté d’André Mba Obame ne semble pas anodin. L’ancien ministre de l’Intérieur, selon ses proches, aurait été empoisonné lors de la présidentielle de 2009.

Pas du tout anodin, le choix d’une photo avec André Mba Obame (en blanc à droite), supposée victime d’une histoire de «polonium à la gabonaise», selon l’expression de Marie-Roger Biloa. © D.R.

Si le président de l’ACR assure ne pas comprendre les motivations de ceux qui veulent sa perte, il croit toutefois savoir que c’est «le pouvoir», et particulièrement des cadres du Parti démocratique gabonais (PDG) et des partis politiques de la majorité qui lui en veulent depuis son limogeage du gouvernement en septembre 2017.

 «Quand vous discutez avec les pedegistes ou apparentés, sachez qu’ils planifient déjà votre mort. Je l’ai toujours su ! Et je sais qu’ils m’en veulent à mort. Mais pourquoi ?», postait-il déjà le 11 juin dernier, disant ne rien devoir à l’actuel pouvoir gabonais.

Pis, l’ancien candidat indépendant à la présidentielle d’août 2016 accuse le pouvoir gabonais d’avoir «acheté et distribué à une quinzaine de sans foi ni loi» de «nouveaux poisons russes». Plutôt sceptiques, sur les réseaux sociaux, certains s’interrogent sur la lucidité de l’opposant quand d’autres disent croire en la menace qui plane sur lui. Alors Bruno Ben Moubamba, paranoïaque ou réellement en danger de mort ?