Le vice-Premier ministre accuse son collègue du Budget de faire entrave à l’audit qu’il a lancé il y a quelques mois dans le secteur de l’habitat, ayant notamment conduit à la mise en accusation de Paul Mapessi, le DG de la SNLS, qu’il présente comme «un escroc notoire».

Paul Mapessi, lors de la visite d’Ali Bongo sur le lotissement de Bikélé, en mars 2015. © DCP-Gabon

 

Mathias Otounga Ossibajouo, le ministre du Budget et des Comptes publics, serait-il celui qui empêche à Bruno Ben Moubamba de mettre fin au «désordre» et à «la mafia» qui sévit depuis plusieurs années dans le secteur de l’habitat au Gabon ? Bien malin qui le dira. Pourtant, dans un post sur son compte Facebook, samedi 22 avril, le vice-Premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement a clairement indiqué que «l’audit de l’habitat est bloqué au ministère du Budget». Sinon, s’est-il interrogé, comment est-il possible que «personne ne [veuille] faire appliquer les instructions du président» ? Surtout, pourquoi «les criminels ne sont pas sanctionnés» jusque-là, alors que certains auraient été formellement identifiés, à l’exemple de Paul Mapessi, le directeur général de la Société nationale du logement social (SNLS) ? Censé avoir été suspendu de ses fonctions avant d’être arrêté par la DGR puis «libéré sur ordre par le Parquet», le patron de la SNLS, pense le VPM, bénéficie de soutiens haut placés.

Bruno Ben Moubamba verrait-il des ennemis partout ? © D.R.

En plus du prétendu soutien dont bénéficierait Paul Mapessi, au niveau du ministère du Budget, Bruno Ben Moubamba a dit soupçonner «une haute personnalité issu du département de la Dola dans la Ngounié dite forte de soutenir et d’encourager les malversations» du DG de la SNLS. Pourtant, la deuxième personnalité du gouvernement a dit ne pas compter se laisser influencer. «Je n’accepte plus d’être bloqué par les escrocs et des voyous en col blanc dans un pays où les gens honnêtes sont combattus au profit de la racaille», a-t-il prévenu, tout en mettant en garde les prétendus soutiens de Paul Mapessi : «Je dis à ses soutiens que lorsque l’on a quitté le Parquet, on ne doit plus le manipuler pour faire libérer des parents, amis et connaissances.»

Pour Bruno Ben Moubamba qui a présenté le patron de la SNLS comme «un escroc notoire (…), accusé de graves malversations (ventes, détournements et autres faits graves)», ceux qui torpillent ses actions n’agissent pas contre lui, «qui ne fait que passer», «mais contre l’Etat et contre la réussite du deuxième mandat du président Ali Bongo Ondimba». Pour mettre fin à la «mafia» dans le secteur de l’Habitat et de l’Urbanisme, le VPM en a appelé à l’adoption du décret sur la Brigade de l’urbanisme. Et celle-ci a déjà du travail en attente, notamment pour démanteler les réseaux existant dans le secteur qui, selon le ministre, empêchent la production des logements supposément «combattu par le système que Mr Magloire Ngambia a laissé à l’économie via la CDC et à l’Habitat».