Loin d’apprécier la liberté de ton et les “provocations” du candidat de l’opposition à la dernière présidentielle, le président de l’ACR estime que Jean Ping doit être emprisonné pour avoir franchi les «lignes rouges».

Pour Ben Moubamba (droite), Jean Ping (gauche) doit être arrêté pour avoir franchi les «lignes rouges». © Montage/Timesgabon

 

Pour Bruno Ben Moubamba, président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR), bien qu’ancien président de la Commission de l’Union africaine, «Jean Ping est un citoyen comme les autres». Or, ces derniers mois, et particulièrement depuis l’organisation de son dialogue national, le candidat consensuel de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 multiplierait les provocations, niant les lois en vigueur dans son pays. Une attitude qui, selon le ministre en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, impose des sanctions. «Il est temps de lui faire solennellement un rappel à la loi et en l’espèce à la Constitution. S’il s’entête, il doit être mis en état d’arrestation dans les plus brefs délais», estime Bruno Ben Moubamba dans un billet publié sur son blog hébergé sur Mediapart.fr

Première raison de la colère de l’ancien leader de l’aile dite «radicale» de l’Union du peuple gabonais (UPG) : la présentation des vœux à la Nation de Jean Ping, le 31 décembre 2016, qu’il perçoit comme le franchissement des «lignes rouges». Pour Bruno Ben Moubamba, «il ne peut y avoir deux présentations de vœux présidentiels à la Nation et encore moins deux chefs d’Etat». Deuxième raison : le jeu sur les ambiguïtés puisées dans le discours de l’opposant, notamment lorsqu’il se présente comme «le président élu» et le «futur chef suprême des armées». «Ces propos et actes, estime le membre du gouvernement, sont à eux seuls anticonstitutionnels. Ils se suffisent à eux-mêmes» pour justifier l’arrestation de l’intéressé. La troisième raison, enfin, est que Jean Ping, dans son discours de vœux pour 2017, «aborde de manière fort légère pour un ancien président de la commission de l’Union africaine, le délicat sujet des squatteurs  des sites querellés d’Angondjé et de Bikélé, sans en maîtriser les tenants et les aboutissants».

Alors que certains, à l’instar d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, sont encore à attendre que Jean Ping franchisse «les lignes jaunes», le leader de l’ACR estime que son arrestation épargnera d’éventuels troubles aux Gabonais, d’autant que, assure-t-il dans son billet, «En 2017, Monsieur Jean Ping semble toujours rechercher la déstabilisation du Gabon». Il le tient d’ailleurs pour le «responsable (indirect) de tous les dégâts humains et matériels qui ont suivi la proclamation des résultats de la présidentielle le 31 août 2016, dont l’incendie de l’Assemblée nationale».