Le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) accuse le président de la République, son «allié», d’avoir «sacrifié» les Gabonais «sur l’autel des intérêts égoïstes», en acceptant notamment le Mécanisme élargi de crédit (MEC) proposé par le Fonds monétaire international (FMI).

Bruno Ben Moubamba, président de l’ACR, le 10 juillet 2018, à Libreville. © D.R.

 

Le divorce est-il prononcé entre Bruno Ben Moubamba et Ali Bongo, qu’il présentait encore des mois après son limogeage du gouvernement comme son «allié» ? Tout porte à croire que oui. Ce mardi, dans une lettre ouverte, l’ancien vice-Premier ministre n’est pas tendre avec le président de la République, qu’il accuse d’avoir «sacrifié le peuple gabonais (…) sur l’autel des intérêts égoïstes».

La raison de la discorde entre les alliés de jadis part des mesures d’austérité annoncées récemment par le gouvernement. Le président de l’ACR n’est pas convaincu que ces «mesures clochardisant le peuple gabonais» permettent de résorber la crise issue de la chute des cours du pétrole. Mieux, il rappelle qu’il avait mis en garde contre le Mécanisme élargi de crédit (MEC) proposé par le Fonds monétaire international (FMI), qu’il accuse d’avoir «mis le Gabon sous un plan d’ajustement structurel ne disant pas son nom».

«Votre vice-Premier ministre de l’époque vous avait prévenu qu’il existait d’autres méthodes de renflouement des caisses de l’Etat, telles que : le regroupement des multiples caisses du secteur pétrolier, le rachat de la dette, l’optimisation des régies financières, l’élargissement de l’assiette fiscale et le recours aux partenariats public-privé sans corruption», rappelle-t-il.

S’il rappelle également à Ali Bongo que «le FMI ne (lui) a pas dit de sacrifier le peuple gabonais aux travers des mesures d’austérité insupportables», Bruno Ben Moubamba tient à prévenir le président de la République de ce que «le peuple gabonais n’acceptera pas de mourir à petit feu».

«Monsieur le président de la République, le malheur de l’économie gabonaise ne se trouve pas à la fonction publique mais ailleurs. Et les auteurs de ces actes irresponsables et criminels sont bien connus de tous, ils restent impunis et se préparent aux législatives», adresse-t-il à son ancien «allié», qu’il accuse, entre autres, de «trahison» vis-à-vis des populations.