Plus d’un an après le lancement de son concept «Afrobeat Gaboma», qui fait la promotion des sonorités gabonaises dans le hip hop, le jeune beatmakeur et producteur entend faire partager son concept, en réalisant des tutoriels au profit des jeunes débutant ou des concepteurs d’instrumentaux confirmés.

Sonny, promoteur du concept «Afrobeat Gaboma». © D.R.

 

Le hip hop à l’américaine, il en a fait le tour et connaît presqu’à la perfection les codes de cette musique qui lui a permis de se faire un nom sur la scène gabonaise et à l’international, avec des artistes tels que Kôba Building, Tina, L.Y Styll, Blaaz ou le groupe Kifra-L. Aujourd’hui, Sonny alias Dr Dragon ou «Le dragon du son» voit grand. Il veut imposer son style, en faire une école à part entière. En septembre 2015, le jeune beatmakeur, producteur et directeur artistique avait, en effet, lancé son concept : l’«Afrobeat Gaboma». Quelques mois après, il a su séduire les artistes Lunz (signé à Eben Entertainment, où officie Sonny) et Désirey NM, dont le style musical est de plus en plus proche des rythmes africains et gabonais, en l’occurrence. Les titres single «Serrez la ceinture» et «Je l’aime (iyoh)» sont les précurseurs de ce nouveau concept.

L’«Afrobeat Gaboma» enseigné sur la plateforme Youtube de Sonny. © Capture d’écran/Youtube

Pourtant, loin d’être «avare», Paul André Mengome (de son vrai nom), a souhaité partager son expérience et sa trouvaille. Comme il y a quelques années, le jeune beatmakeur a renoué avec les tutoriels sur la plateforme Youtube. Sur son compte, il enseigne l’«Afrobeat Gaboma» au débutant ainsi qu’à ses collègues, à travers le Gabon et d’autres pays du continent africain. «Il ne s’agit pas de reproduire des musiques traditionnelles de manière basique. Ça n’a rien à avoir. Il s’agit plutôt de saisir des éléments clés de ces musiques traditionnelles, que ce soit dans la rythmique ou la mélodie, pour les insérer dans la musique urbaine», explique-t-il, dans un premier tuto. Sur le compte de Dr Dragon, les exemples pratiques ne manquent pas. En moins de 6 minutes, une première production est réalisée.

Pour réaliser un instrumental au style «Afrobeat Gaboma», «ça peut se passer de deux manières : soit vous commencez par composer la base rythmique locale que vous avez choisie, soit vous commencer par concevoir la musique urbaine dans son ensemble avant d’insérer le rythme local choisi», explique-t-il, tout en précisant : «le rythme local traditionnel, il faut le jouer et non le sampler. Si vous le samplez, ce n’est pas mal mais toute la beauté, la richesse et la coordination reposent sur la rythmique (jouée)». Pour Sonny, le choix de l’«Afrobeat Gaboma» a plusieurs avantages, aussi bien pour la promotion de la culture gabonaise que pour son enrichissement. L’objectif visé par ce concept est de permettre aux danses urbaines gabonaises de s’exprimer sur des musiques urbaines inspirées des rythmes traditionnels locaux, avec des instruments locaux, tels que le balafon, le Moungogo, la cithare, le tam-tam, etc. Le jeune producteur annonce déjà la sortie d’une compilation dans les semaines qui viennent.