Parti de la majorité républicaine et sociale pour l’émergence soutenant le président Ali Bongo Ondimba, le Bloc démocratique populaire (BDP) a dénoncé, le 6 décembre à Libreville, la situation actuelle du pays caractérisée par un «système politique hybride».

Le président et le secrétaire général du BDP, Paskhal Nkoulou et Éric Simon Zue Obiang se prêtant aux journalistes, le 6 décembre 2017. © D.R.

 

Examinant le «mal» du Gabon, le 6 décembre à Libreville, le Bloc démocratique populaire (BDP)  s’est prononcé sur l’actuelle situation politique du pays. Le président et le secrétaire général du BDP, Paskhal Nkoulou et Éric Simon Zue Obiang ambitionnaient d’apporter des réponses à de nombreuses questions que se posent les Gabonais : «50 ans après Léon Mba, quelle image reflète le Gabon ?», «Où se situe le mal du Gabon ?», «Quelle société voulons-nous ?», «Pourquoi se figer que sur les institutions ?», «Pourquoi des crises électorales à répétition ?».

En essayant de répondre à ces interrogations, ils ont dénoncé le système politique actuel du Gabon qu’ils qualifient «d’hybride, flou et contreproductif». Pour eux, ce système est érigé en mode de gouvernance huilée par des compromissions politiques chroniques autant entre la majorité et l’opposition. «Ce système qui, par des dialogues politiques récurrents, a perverti l’action politique par des compromissions dans le seul objectif de garantir les intérêts des plus forts au détriment de la grande majorité silencieuse», a dit Paskhal Nkoulou.

Le BDP estime alors qu’il faut mettre fin à ce système «tétravalent-monopoliste-divergent», selon l’expression d’Éric Simon Zue Obiang, dans lequel les Gabonais sont embrigadés depuis 50 ans d’indépendance. «Toutes les réformes institutionnelles et la loi électorale sont vouées à l’échec tant que nous n’avons pas changé de système politique dans lequel nous sommes tous embrigadés» pour rentrer dans un «système binaire» où l’opposition s’oppose et la majorité gouverne, ont-ils suggéré.

«Le jeu Politique doit se faire sur la base des principes républicains à partir des outils légaux et égaux, dans le respect mutuel», ont ajouté les deux responsables politiques.

A l’origine, le Bloc démocratique populaire était «Bongo doit partir» s’opposant virulemment au président Omar Bongo. A la faveur de l’ascension d’Ali Bongo à la magistrature suprême en 2009, le mouvement a changé de dénomination pour intégrer la majorité présidentielle dont il défend désormais l’action.