Réalisée par la Banque africaine de développement, l’étude régionale sur l’industrialisation du bois dans les pays du Bassin du Congo a été restituée le 13 septembre à Libreville. Comportant 10 axes stratégiques, l’étude fournit «un diagnostic rigoureux du secteur forestier de l’Afrique centrale», tout en proposant «un plan d’action stratégique pour un développement de la filière bois à l’horizon 2030».

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Organisé par la Banque africaine de développement (Bad), l’atelier de restitution de l’étude régionale sur l’industrialisation du bois dans les pays du Bassin du Congo s’est tenu le 13 septembre à Libreville. Selon la Bad, cette étude est importante à plusieurs titres, en dressant notamment un diagnostic précieux pour chacun des pays, en termes de potentiel forestier et de niveau de transformation du bois.

«Mais l’important n’est pas tellement de discuter ou de faire le diagnostic, c’est surtout d’agir», a reconnu le directeur général du Bureau Afrique centrale de la Bad. «C’est pourquoi l’étude propose une vision stratégique à l’horizon 2030 pour l’industrialisation de la filière bois, avec la possibilité d’augmenter certaines superficies de concessions, augmenter les loyers des concessions forestières, en augmentant le taux de transformation primaire de 66% à 100% à l’horizon 2030, en augmentant de 50% la deuxième et la troisième transformation du bois à moyen terme et en développant le commerce intra-africain des produits ligneux et non ligneux», a affirmé Ousmane Dore.

Le rapport fournit 10 axes et objectifs stratégiques qui vont permettre la mise en œuvre du processus d’industrialisation de la filière bois dans le Bassin du Congo. Ces axes ont deux volets, dont le premier s’intéresse directement à la structuration industrielle de la chaine de valeur qui part de la grume à la 3e transformation. Le second jette un regard sur l’environnement (juridique, fiscal, logistique, financier et énergétique) dans lequel cette transformation doit s’opérer.

A titre d’exemple, l’étude table sur une augmentation du nombre d’emplois dans le secteur de la première transformation, en passant de 40 000 aujourd’hui à plus de 100 000 emplois d’ici 2030 ; et certainement encore plus dans les secteurs de la deuxième et la troisième transformation. L’on peut également évoquer une évolution des revenus fiscaux, avec un doublement de la production qui se traduira sous, certaines hypothèses, par un accroissement de 30% des recettes fiscales forestières et industrielles du bois.

Cependant, tout cela ne se fera pas sans des investissements conséquents. Dans son «Axe 7», notamment, l’étude souligne que 2,4 milliards d’euros sont requis pour l’objectif de l’augmentation de la production fixée à 15 millions de grumes/an d’ici à 2030.  Soit 300 millions d’euros par millions de mètre cube.

«Il faudra des actions concertées et fortes entre les pays du Bassin du Congo et les partenaires techniques et financiers qui les accompagnent sur des questions techniques liées à la structuration industrielle des chaînes de valeur et à la transformation vers les différents marchés ; ainsi qu’une composante de soutien associée à l’environnement économique, à savoir les normes de gestion et les aspects institutionnels, les dimensions juridiques, fiscales, logistiques, énergétiques et financières», a soutenu Ousmane Dore.

L’étude a par ailleurs reconnu les avancées du Gabon en matière de transformation du bois. Celles-ci se traduisent par «le modèle de la zone économique spéciale pour approfondir et aller encore plus loin dans la valorisation du bois d’Afrique centrale par des processus d’entreprise et de transformation avancée». Une démarche aux retombées positives avec la création d’emplois dans le secteur passant de 3000 emplois en 2009 à plus de 13 000 en 2018 ; et, l’augmentation du nombre d’unités de transformation qui est passée de 89 à 145 sur la même période.