Exposition, consultations gratuites et conférence-débat ont rythmé l’ouverture de la 21e rentrée solennelle du Barreau du Gabon le 9 mars 2017 à Libreville. Pendant deux jours, le public est convié aux activités de la corporation.

Les avocats du Gabon ont dévoilé au public toutes les facettes de leurs activités ce 9 mars à Libreville. © Gabonreview

 

Les avocats du barreau du Gabon ont célébré ce jeudi au palais de justice de Libreville, la 21e rentrée solennelle du Barreau du Gabon et de la Conférence du stage. Au nombre des activités programmées, une exposition sur les activités du barreau, des consultations gratuites et conférence débat axée sur le thème : «La responsabilité pénale du malade mental : incarcération ou mesure thérapeutique».

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Si l’exposition et les consultations gratuites offertes par les avocats ont suscité l’intérêt du public, la conférence débat animée par le Dr psychiatre Mme Reine Ambourouet Ogandaga de l’hôpital de Melen de Libreville, entouré du Batonnier, Jean-Pierre Akumbu et de Me Yenou Izolino, a été digne d’intérêt.

Le thème du débat qui a interpellé juges et avocats, a notamment concentré les interventions des uns et des autres sur les problématiques liées à l’option que devra adoptée le juge, face à un cas d’abolition du discernement traduit au pénale par exemple. Faut-il ’incarcérer le malade mental ou solliciter l’expertise psychiatrique pouvant déboucher sur l’internement du «patient»? A qui incombe la prise en charge de cette expertise, en cas de sollicitation par le juge ?

Si l’article 50 du code pénal ne rend pas punissable celui qui était atteint, au moment de l’infraction, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, il prescrit néanmoins son internement obligatoire. Seulement, les hommes de lois, tenus au respect de leur serment d’être juste et loyal envers tous, estiment ce traitement à géométrie variable car, ne pouvant s’asseoir sur un mandat de dépôt. Par ailleurs, l’hôpital de Mélen est actuellement inadapté pour accueillir les malades. L’option de l’internement ne peut être valide que si cette structure est réhabilitée. La prise en charge quant à elle, devrait être clairement assumée par une entité désignée.

La suite du programme ce vendredi 10 mars prévoit une cérémonie proprement dite de la rentrée solennelle, ainsi qu’une conférence de stage libellée sur le thème : «Existe-t-il une vérité judiciaire ?». Ensuite interviendra l’adresse du bâtonnier sur un thème évocateur : «la justice comme maison commune». Elle sera suivie du discours de clôture que devra prononcer le ministre de la Justice.

Auteur : Alain Mouanda