Effarée par la baisse du budget de l’Education, au profit de celui des sports et loisirs, inscrit dans le projet de loi de finances 2018, l’association «Au-delà de nous» a affiché son indignation tout en appelant le parlement à «réorienter le budget de 2018»

Au-delà de nous dénonce la baisse du budget dans l’Education. © D.R.

 

L’Association «Au-delà de nous» s’est indignée de la baisse du budget de l’Education dans le projet de loi de finances 2018, au profit des sports et loisirs. Elle appelle le parlement à corriger cette «anomalie» car, estime-t-elle, «le redressement de ce pays, l’harmonie de notre vivre ensemble passeront d’abord par une éducation de qualité».

A travers un post sur sa page Facebook, cette association note deux raisons principales marquant son grand étonnement : «la première est que notre pays connaît des résultats décevants aux examens et concours depuis longtemps et la deuxième est l’inscription de l’éducation comme pilier du programme du candidat Ali Bongo, aujourd’hui président de la République Gabonaise».

En relevant cette incohérence, eu égard au contexte économique actuel du pays et le niveau qualitatif de l’enseignement, l’association s’interroge sur ce qui constitue les priorités du pouvoir en place. «Comment peut-on rationnellement expliquer qu’en diminuant les ressources de l’éducation nationale, l’école gabonaise sera meilleure?», s’inquiète l’association.

Le projet de loi de finances qui indique globalement dans sa rubrique destinée à l’Education au primaire, secondaire et supérieur un investissement de 22,6 milliards de francs CFA contre 32,4 milliards de francs CFA, affectés aux sports et loisirs, met en évidence une baisse de -35,43%, soit l’équivalent d’un peu plus de 12,4 milliards par rapport à l’année dernière. Et une hausse de 282% pour les sports et loisirs, soit 23,9 milliards par rapport à l’année dernière.

Sans nier l’importance du sport et des loisirs, l’association doute cependant de leur capacité à redresser la courbe de croissance du pays. «Considérant que le FMI aurait demandé certaines compressions dans de nombreux secteurs, préalablement au décaissement de son prêt, rien ne saurait justifier la baisse de façon significative de l’enveloppe consacrée à l’éducation au profit des loisirs et sports. Nous sommes dans un contexte difficile, mais prioriser le sport et les loisirs, c’est illogique. Nous refusons le sacrifice de l’éducation», conclu Au-delà de nous.

Auteur : Alain Mouanda