Confrontée à l’incivisme des populations et celui des opérateurs économiques ayant investi depuis des années les abords de la route, l’entreprise française a récemment failli arrêter ses travaux sur l’axe routier PK5-PK12.

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Après l’épisode des retards de paiement par l’Etat, l’ayant contrainte à suspendre pendant quelques mois les travaux d’aménagement de l’axe routier PK5-PK12 à Libreville, la filiale du groupe Bouygues est cette fois confrontée à une nouvelle difficulté : la quasi-impossibilité de faire déguerpir les occupants illégaux des abords de cette voie. Récemment, informe le ministère des Infrastructures, les responsables de Colas avaient menacé d’arrêter leurs travaux, confrontés à l’incivisme des populations et celui des opérateurs économiques établis sur leurs lieux d’intervention.

«Il y a quelques jours, l’entreprise Colas et l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures nous ont saisi pour nous dire que Colas arrêtait les travaux de la route, parce qu’elle ne pouvait plus travailler», s’est plainte Yolande Nyonda, à l’occasion d’une visite de chantier mercredi 25 juillet. Selon la secrétaire générale du ministère des Infrastructures qui a rappelé que les travaux auraient dû s’achever en août prochain, la menace de Colas a poussé les autorités à saisir les juridictions compétentes dans le but de résoudre le problème des occupations illégales.

Si elle a affirmé que des huissiers sont venus constater l’impossibilité de Colas à poursuivre ses travaux, d’après Yolande Nyonda, saisi par le gouvernement, «le tribunal de première instance autorise maintenant le recours à la force» pour libérer les emprises occupées par les commerçants et transporteurs exerçant notamment au PK8 (Marché-Banane). Sous la menace, les occupants ont dit accepter de quitter les lieux à condition d’être installés sur un site sûr et bénéficiant de commodités. Ce que la mairie du 6e arrondissement de la commune de Libreville dit avoir fait au PK7.

Quant à l’entreprise Colas à la tête de laquelle a été installé un nouveau directeur général, la livraison avant la fin d’année 2018 des 2×2 voies du PK5-PK12 est toujours d’actualité. C’est, en tout cas, ce qu’est allé confirmer le nouveau DG Jean-Christophe Briges au ministre Christian Magnagna le 23 juillet dernier.