La route reliant la capitale provinciale de l’Ogooué-Lolo à celle du département de l’Offoué Onoye constitue un véritable parcours du combattant. Avec des moyens rudimentaires, les jeunes d’Iboundji tentent de réhabiliter une partie de cet axe long de 124 kilomètres.

Les jeunes d’Iboundji essayant de réhabiliter le tronçon Iboundji carrefour Ngouassa. © D.R.

 

L’axe Koulamoutou-Iboundji est dans un piteux état, les 124 kilomètres de cette route sont parsemés de bourbiers et nids de poule qui rendent la voie à peine praticable. Pour aller de Koulamoutou à Iboundji, il faut compter au moins de 5 heures. C’est à pas de tortue que les automobilistes se déplacent sur ce tronçon, notamment pendant la grande saison pluvieuse. Pendant cette période, seuls les véhicules 4×4 s’aventurent sur cet axe routier. Parfois, les véhicules prêts au départ sont contraints d’attendre deux, trois voire quatre jours, le temps que le sol sèche, selon l’intensité de la pluie.

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Profitant de cette période de début de saison sèche, les jeunes d’Iboundji, à travers l’association Mika Manuelle, ont mis en place une structure pour améliorer l’état de la route, sur une quarantaine de kilomètres. Ils ont pu acheter du matériel constitué pour l’essentiel de pelles, machettes, pioches, brouettes et houes. «Nous ne pouvons pas continuer à souffrir comme ça. L’état nous a oubliés. C’est chez nous, nous avons nos mains, nous faisons le travail manuel depuis Boupoundza pour essayer d’arranger les bourbiers qui nous embêtent pendant la saison des pluies» témoigne le responsable de cette structure associative, Mimbi Georges.

«Il y’a plus de trois ans, une promesse avait été faite par les autorités, mais depuis là, aucun engin, aucune étude n’a commencé. Nous allons attendre jusqu’à quand?», a déploré un autre jeune cantonnier.

Ils envisagent de réhabiliter le tronçon Iboundji carrefour Ngouassa, un linéaire de 42 km. Les travaux consistent à réfectionner les buses, niveler les bourbiers à l’aide des cailloux, boucher les fossés et ensoleiller la voie par endroits.

Selon certains ressortissants d’Iboundji, si cette localité se meurt à petit feu et ressemble à un coin perdu du Gabon, c’est avant tout à cause de cette route difficile. Elle ne favorise ni les échanges économiques ni le tourisme dans la région, alors que le mont Iboundji, classé sanctuaire de la biodiversité, constitue le point le plus culminant du Gabon avec 1575 m d’altitude.