L’Aéroport de Libreville (ADL) cumule plusieurs contraintes plombant clairement sa notation à l’international.

Vue aérienne de l’aéroport de Libreville. © nsm05.casimages.com

 

Capitale du Gabon, Libreville dispose d’un aéroport international depuis les années 50. Des aménagements successifs lui ont permis d’accueillir au fil du temps tous les types d’avions. Des aménagements allant de l’adaptation aux très gros porteurs, dès la fin des années 60, aux équipements de navigation aérienne et d’atterrissage. Autant d’instruments conformes aux spécifications internationales et permettant l’accès de l’aéroport par tous les temps.

Toutefois, l’Aéroport de Libreville (ADL) a encore beaucoup de chemin à parcourir pour être quasi irréprochable sur les plans sécurité, confort et trafic. Sur le premier point, beaucoup d’observateurs déplorent l’absence de radar au sein de l’aéroport. Un aspect divisant cependant l’opinion, d’aucuns estimant qu’«un radar spécialisé pour le trafic au sol ne se justifie pas du fait des conditions météo à Libreville, de la taille de l’aéroport et de sa fréquentation».

Dans le même sens, les défenseurs de ce point de vue soutiennent que l’équipement de l’aéroport en radar dépend de l’Etat, plus précisément de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) ; et non pas du gestionnaire de l’aérogare. Un point qui alimentera les débats un long moment encore.

Concernant l’aspect du trafic, plusieurs récriminations sont faites à l’ADL. Notamment la non évolution de la piste d’atterrissage depuis plus de cinq décennies, ou encore l’absence de véritable «taxiway» (voie qui conduisant les avions sur la piste pour les décollages et leur permettant aussitôt de la libérer après l’atterrissage, ndlr). Cette artère serait ainsi un moyen simple d’assurer la fluidité du trafic, d’autant que son inexistence coûte aux compagnies aériennes plusieurs centaines de millions, en termes de pertes en carburant et heures de vols.

Au rayon des limites «trafic», s’ajoute le fait que l’ADL n’a qu’une seule piste d’atterrissage. Ainsi, si un incident devait survenir sur cette piste, tous les autres avions seraient condamnés à changer leur destination pour ceux qui arrivent et, seraient cloués au sol pour ceux qui y sont déjà. Par ailleurs, beaucoup déplorent les frais d’avion excessifs au Gabon. Par exemple, l’Asecna facture le balisage (lumières utilisées la nuit ou en temps de faible visibilité pour éclairer la piste).

En matière de confort, enfin, l’ADL semble à des années lumières des autres structures du genre, du moins dans la sous-région : architecture d’ensemble banale, locaux exigus et délabrés, etc. Pourtant, l’ADL à travers le pays, dispose d’atouts de taille pour être une référence dans la sous-région, en Afrique et même au-delà. En effet, le Gabon est bien situé géographiquement pour faciliter les vols vers l’Europe, les Amériques, l’Asie et l’Afrique elle-même. Avec quelques ajustements, structurelles notamment, l’ADL pourrait très bien doubler son trafic.