Face à la radicalisation du Syndicat national des greffiers (Synagref), le ministre de la Justice, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, et le président du tribunal de première instance de Libreville ont décidé de s’attacher les services des greffiers ad-hoc, représentés par des agents de la sécurité pénitentiaire, pour la tenue des audiences foraines.

Le bureau du Synagref, le 12 juin 2018. © Gabonreview

 

Les greffiers à la salle d’audience du tribunal de Libreville, le 12 juin 2018. © Gabonreview

Le Syndicat national des greffiers est monté au créneau le 12 juin 2018, pour dénoncer l’attitude de la tutelle. Ces auxiliaires de justice ont condamné la décision du ministre de la Justice et du président du tribunal de première instance de Libreville, relative aux audiences foraines. Pour la tenue de celles-ci, les magistrats seront assistés par des greffiers ah-doc, désignés parmi les agents de la sécurité pénitentiaire de la prison centrale de Libreville.

«Cet état de fait démontre ici, l’importance que notre tutelle accorde à notre corporation, alors que nous sommes en pleine négociation en vue d’une sortie de crise. Nous pensons que notre fonction est galvaudée et méprisée par notre tutelle», s’est offusqué le président du Synagref, Me Georges Boupenga, mettant en doute la validité du serment prêté par les greffiers ad-hoc.

Selon le Synagref, ces audiences foraines prévues débuter le 12 juin 2018 n’obéissent pas aux dispositions légales selon lesquelles : un tableau des audiences foraines est dressé en début d’année judiciaire par le président du tribunal après avis de l’assemblée générale. «L’absence des greffiers à ces audiences rend de facto toutes les décisions qui en sortiront nulles et de nul effet», a assuré Me Georges Boupenga.

«Après deux mois de négociation, c’est l’insatisfaction totale que nous essuyons. La tutelle n’est pas favorable au retour de l’accalmie. Nous avons l’ambition de regagner les tribunaux, mais la tutelle ne crée aucune condition pour la reprise du travail», a estimé le président du Synagref.

Les revendications du syndicat tournent autour du statut particulier des greffiers, le salaire de la promotion 2017, l’établissement des cartes professionnelles ou encore la signature intégrale de tous les arrêtés portant titularisation des greffiers.