De son désarroi après la suspension du Gabon par l’instance mondiale de l’athlétisme à la nouvelle équipe dirigeante de fédération au Gabon, la championne se livre.

Ruddy Zang Milama. © youtube.com

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Gabonreview : Comment vous portez-vous et quelle est votre actualité ?

Ruddy Zang Milama : Je vais bien, car je sors de plusieurs blessures et quelques petits soucis de santé au niveau du genou, qui m’ont privée des pistes. Je voudrai profiter de l’occasion que vous m’offrez pour signifier que je suis de retour. C’est dans ce contexte que j’ai participé à un meeting aux Etats-Unis où je vis. Je suis satisfaite de revenir à mon meilleur niveau, car j’ai réalisé dernièrement un chrono de 11’08, alors que ma performance habituelle est de 11’03, c’est dire qu’il y a encore des efforts à fournir. Je continue à travailler pour les Jeux olympiques de Rio en 2016.

Quels sont vos rapports avec le ministère des Sports, le Comité national olympique et la Fédération ?

C’est à travers les réseaux sociaux que j’ai appris qu’il y a un nouveau président à la Fédération gabonaise des associations d’athlétisme (FGA). Auparavant, j’avais appris la suspension du Gabon par la fédération internationale. Du coup, je me sens un peu ramollie par cette situation car je ne peux pas courir au nom du Gabon. Du moins, tant que cette situation demeure en l’état. J’ai donc demandé au ministère des Sports, au Comité national olympique et à la Fédération de taire leurs querelles et de ne voir rien que l’intérêt du pays : le pays avant nos différents égos. Il y a trop de politique dans le sport au Gabon et principalement dans l’athlétisme et ce sont les athlètes qui sont les principales victimes de cette guéguerre. Je souhaite que l’on mette un peu la politique de côté, et faire avancer le sport. Vous ne mesurez pas le poids que je porte au nom du Gabon et en ma qualité de femme : je me prive en mettant en cause ma vie privée pour l’intérêt de la nation. C’est-à-dire que je ne peux pas m’aventurer à faire un enfant aujourd’hui au risque de bousiller ma carrière. Tout ça pour le pays. Mais en retour, les gens s’amusent à torpiller le sport pour leurs intérêts personnels. Ils n’ont même pas le souci du développement des athlètes. Après, ça donne parfois envie d’arrêter tout. Je ne peux pas renier que le Dr Nicole Asselé m’a énormément soutenue quand j’ai eu mes premières difficultés de santé, et je lui témoigne toute ma gratitude. Mais je formule le vœu qu’on arrête de prendre des décisions purement politiques dans le sport et surtout qu’on laisse les gens travailler librement.

J’ai des projets que j’envisage réaliser avec des athlètes gabonais, mais il faut que ce travail se déroule dans un environnement assez assaini : les partenaires ne viendront pas mettre leur expertise là où il y a des problèmes. C’est en cela que je salue l’arrivée de Jacques Obame Essono à la présidence de la fédération. Lui au moins, est un ancien athlète que tout le monde connait.

Ruddy Zang Milama. © D.R.

Ruddy Zang Milama. © D.R.

Il y aura le championnat national d’athlétisme le 25 juillet prochain à Libreville. Que répondez-vous à la demande des Gabonais qui veulent vous voir courir ?

Ça ne me dérange pas, puisque j’en ai parlé dernièrement avec le président de la fédération. Je suis très contente de savoir qu’il y a une relève qui se prépare. J’ai bien envie aussi de fonder une famille, me marier, et mener ma vie privée mais il faut que je me rassure que je ne laisse pas un vide après ma retraite, que la fédération a bien pensé à former mes successeuses.

Pouvez-vous nous rassurer que votre bourse de sportive de haut niveau est régulièrement débloquée ?

Il n’y a pas de problème à ce niveau puisqu’il s’agit d’un chapitre inscrit dans la loi de finances. Mes entrainements aux USA ou je vis, ne souffrent d’aucune ambigüité.

Confirmez-vous les rumeurs selon lesquelles vous avez reçu un don d’équipement sportif du Comité national olympique ?

Je n’ai rien reçu de personne. Je justifie officiellement toutes mes dépenses à qui de droit. Qu’on ne me prête pas des décaissements que je ne connais pas.

Serez-vous à Brazzaville aux Jeux africains en septembre prochain ?

Tout dépend du dénouement de la crise qui oppose le Gabon à l’IAAF. Que le Gabon se débrouille à lever d’abord cette sanction.

Avez-vous un message particulier à lancer à la communauté sportive du Gabon ?

C’est un message de paix. Si on aime tant le Gabon, alors qu’on fasse table rase de tout, et on avance. Les petites incompréhensions sont du domaine du diable qui aime les mauvaises choses. Faisons la paix, car la guerre ne profite à personne. La paix amène les résultats performants. Que les nouveaux athlètes ne se découragent pas.