Face à ce qu’elle qualifie de propension du régime en place, à «violer sans vergogne» les droits et libertés individuelles et collectives des citoyens, expressément garanties par la Constitution, l’Union nationale invite les tenants du pouvoir à se ressaisir au plus vite, et à se montrer respectueux des lois de la République.

© Gabonreview/Shutterstock

 

Peu convaincu de la véracité de la qualité de «Etat de droit», consacrée au Gabon par le système en place, et clamée à tout vent par ses responsables politiques, l’Union nationale est montée au créneau le 3 septembre 2017, pour condamner la «mesure administrative d’interdiction de sortie du territoire», dont seraient frappées certaines personnalités de l’opposition gabonaise. Pour le parti de l’ancien Sobraga, ces comportements seraient «dignes d’un Etat voyou dont les dirigeants visent à réduire les Gabonais en servitude».

Après le professeur Albert Ondo Ossa et Casimir Oye Mba, le tour serait venu pour le principal rival politique d’Ali Bongo, Jean Ping d’intégrer la liste des personnalités interdites de sortir du territoire national. En effet, selon le ministre de l’Intérieur cité par le secrétaire exécutif adjoint de l’UN, Sandrine Akérey, «cette mesure interviendrait à la suite d’une déclaration de celui-ci, qui contiendrait des propos séditieux, d’une extrême gravité, appelant ses partisans au trouble à l’ordre public, à l’insurrection, à la rébellion et à la guerre civile… et que cela n’est pas tolérable dans un Etat de droit.»

Invitant le ministre de l’Intérieur, son collègue de la défense et de manière générale, les tenants du pouvoir, à se ressaisir au plus vite, et à se montrer respectueux des lois de la République, ainsi que des droits et liberté des citoyens, si tant est que le Gabon est un pays de droit, le secrétaire exécutif adjoint de l’UN s’est permis de rappeler à Lambert-Noël Matha les principes fondamentaux du respect des droits et de liberté des citoyens, dans un «pays de droit».

Selon Sandrine Akérey, dans un pays de droit, «la légalité d’un acte administratif ne se fonde que sur la Constitution, les lois et les règlements en vigueur dans le pays ; et non sur des abus d’un pouvoir qui s’invente ses lois et ses règlements». En «matière d’interdiction de sortie du territoire, la loi gabonaise n’interdit de quitter le pays, que pour ceux qui font l’objet d’une enquête criminelle ouverte par les juridictions compétentes». Et dans les vrais pays de droit, «l’interdiction de sortie du territoire est régie par une loi, et vise à empêcher qu’un citoyen soupçonné de terrorisme, ne parte à l’étranger pour participer à des activités terroristes ou sur un théâtre d’opérations de groupes terroristes et que cette interdiction doit être formellement signifiée à l’intéressé».