Dispositif de coopération entre le Gabon et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le programme d’Appui aux réseaux territoriaux pour la gouvernance locale et le développement du Gabon (Art Gold) agit depuis quelques années dans le pays. Objectif : sortir les collectivités locales des problèmes socio-économiques auxquelles elles sont confrontées.

Vue du marché transfrontalier de Medzeng dans la province du Woleu-Ntem, réalisé par Art Gold. © PNUD-Gabon

 

Le Gabon, comme la plupart des pays africains, est confronté à une demande sociale pressante des populations en termes de qualité d’éducation, d’accès au marché de l’emploi ou d’accès aux soins de santé, entre autres. Dans la réponse à cette demande multiforme, le PNUD, à travers le programme dénommé «Art Gold-Gabon», a apporté un appui notable au gouvernement dans le domaine de la réduction de la pauvreté via la création de plusieurs activités génératrices de revenus. Ceux-ci répondent notamment à la réalisation de l’Objectif de développement durable (ODD) 1 : Eliminer l’extrême pauvreté et la faim.

La pauvreté ne se résume pas, selon l’Organisation des Nations Unies (Onu), à l’insuffisance de revenus et de ressources pour assurer des moyens de subsistance durables. Ses manifestations comprennent la faim et la malnutrition, l’accès limité à l’éducation et aux autres services de base, la discrimination et l’exclusion sociales ainsi que le manque de participation à la prise de décisions. La croissance économique doit être partagée pour créer des emplois durables et promouvoir l’égalité.

Pour aider à la résolution de ce problème, dans de nombreuses localités du pays, des projets ont donc été portés par le programme le programme Art Gold-Gabon au bénéfice des populations. Dans le département d’Omboué à Etimboué, par exemple, la population, vivant exclusivement de la pêche, ne disposait pas vraiment d’autres activités : pas d’industrie dans cette zone et quasi-impossibilité de pratiquer l’agriculture, du fait de la permanence du conflit homme-faune. La pêche restant leur seule activité, les habitants ne savaient que faire de l’excédent de leurs produits halieutiques.

Aujourd’hui, avec la création d’une conserverie, des espoirs et des emplois sont nés dans la localité. Cette unité, fruit du projet Art-Gold Gabon, leur permet de conserver le poisson, le fumer, le saler et de le vendre. Une réelle source de revenus a ainsi été créée. «Une telle structure pour la population est un réel soulagement», a laissé entendre l’une des vice-présidentes du Conseil départemental d’Etimboué, Marie-Yvonne Omanda Ronary.

«Nous sommes restés trop longtemps dans le tourment. Nous ne savions pas quoi faire du poisson pêché dans la lagune par défaut de conservation. Mais Dieu a exaucé nos vœux avec la mise en place de cette structure», a appuyé l’un des bénéficiaires de la conserverie implantée par le programme dénommé «Art Gold-Gabon avant que le Chef du regroupement de villages d’Idjemba, Jean-Claude Ronary, ne lui emboite le pas pour exprimer la fierté de cette petite agglomération. «Nous en sommes fiers. Et la main dans la main, nous allons réfléchir pour que cette affaire demeure le plus longtemps possible».

D’autres réalisations à caractère socio-économique, à l’instar du marché transfrontalier d’Assock-Medzeng dans le Nord du Gabon, sont l’exemple de la volonté de ces populations à œuvrer pour une prise en charge individuelle et communautaire. Ce, d’autant plus que cette structure permet de répondre à la problématique de sécurité alimentaire pour les riverains, tout comme elle offre aux riverains de meilleurs possibilités de s’autonomiser en s’investissant dans le commerce.

«Nous qui n’avons plus de force et l’habitude d’aller très loin, nous sommes contents d’avoir notre marché», indique une octogénaire pratiquant la petite agriculture et s’estimant désormais heureuse de pouvoir vendre le reste de sa production dans le marché ouvert dans la localité. Ici, les commerçants venant du Tchad, du Cameroun, de la Guinée Equatoriale et du Gabon vaquent sereinement à leurs occupations, dans un espace favorisant également l’intégration sous régionale. Avec les actions du PNUD, l’autonomisation des populations, par l’appui au financement et à la gestion des activités génératrices de revenus, a permis dans les localités où le programme s’est déployé de lutter avec efficience contre l’extrême pauvreté.