Le rappeur en appelle à l’éveil collectif des jeunes face à la vague d’arrestations arbitraires dans le pays.   

Lord Ekomy Ndong. © assets.about.me

Lord Ekomy Ndong. © assets.about.me

 

Dénonçant l’acharnement dont est victime l’activiste Bung Pinz et les arrestations en cascade d’autres jeunes militants, Lord Ekomy Ndong a adressé un message à la jeunesse gabonaise. «Il faut qu’on réagisse. C’est tout», a écrit le rappeur sur le forum de discussion Infos Kinguélé. «La question n’est pas tant de savoir que Bung Pinz a soutenu Ali Bongo en 2009 ou pas. Il est plutôt question pour moi de ne pas accepter qu’on kidnappe, ni qu’on lance des chasses à l’homme contre nous, jeunes gabonais aussi facilement que ça», a-t-il grondé, avant d’interroger : «Lorsque l’on arrête quelqu’un sans avoir à se soucier de la forme, des motifs ni de la loi, est ce toujours une arrestation ou bien un kidnapping ? À ce rythme-là, on va finir par accepter qu’on tire sur les uns ou sur les autres ? Non. Demain ce sera qui ?»

Pour le sociétaire du duo rap Movaizhaleine, il ne fait aucun doute que «laisser faire les commanditaires de ces arrestations arbitraires», c’est participer au découragement de la jeunesse. «Ce même découragement participe à maintenir au pouvoir ceux qui comptent s’y maintenir à vie», déduit-il.

Le rappeur est convaincu qu’il suffit que la jeunesse apprenne à réagir pour que les choses changent radicalement et rapidement. «Ceux qui constituent des leviers d’influence potentiels sur cette jeunesse font l’objet d’une haute surveillance sournoise mais réelle», a-t-il affirmé, disant en être la preuve vivante et consciente. «Cette surveillance est mise en place par ces régimes patrimonicides qui se succèdent à eux-mêmes, comme au Gabon, dans le but de conserver le pouvoir paisiblement et éternellement», a-t-il analysé, rejetant les deux issues présentées à la jeunesse : «Ou on te paie pour que tu te taises. Ou on t’arrête pour que tu apprennes à te taire et faire du bruit qui réveillerait les autres».

«C’est à nous de construire le pays qui est le nôtre. À chacun de faire sa part. À chacun d’entre-nous de dire oui ou non chaque fois que cela s’impose. On ne peut pas compter sur le bon sens de ceux qui nous oppriment pour se libérer», a martelé le rappeur, avant d’asséner : «Il faut qu’on réagisse tous. C’est tout. Que chacun s’offusque de toutes ces situations qu’on doit refuser Parce que ne rien dire, c’est accepter».