Le 25 août prochain, Arnold Djoud, chanteur de variétés et auteur de plusieurs tubes célèbrera ses 25 années de carrière musicale à Libreville. En prélude à cet événement qu’il annonce «hors pair», l’artiste, chorégraphe et producteur, a récemment fait une reprise de «Nkoum Ekiegn» de Pierre Claver Zeng. Avec Gabonreview, il évoque également ses projets.

Arnold Djoud. © D.R.

 

Arnold Djoud, en concert à Libreville (archives). © D.R.

Gabonreview : Pourquoi avez-vous choisi de rendre hommage à Pierre Claver Zeng

plutôt à qu’à un autre artiste disparu ou encore vivant ?

Arnold Djoud : J’ai choisi de rendre hommage à Pierre Claver Zeng parce que c’est quelqu’un qui a manifesté beaucoup d’attention pour ma musique.  Chaque fois que j’ai eu l’occasion de le rencontrer, il me montrait bien qu’il était admiratif de ce que je faisais, de mon talent, et il me le disait.

Je me souviens, lorsque j’ai été sacré Meilleur artiste de variété aux Balafons Gabon Music Awards, c’est lui qui m’avait remis le prix. Et tout en me faisant la bise, alors qu’il me remettait le trophée, il m’a dit : «Tu es le meilleur artiste de variété que je connaisse».

J’avais donc vraiment envie de lui rendre cet hommage pour mes 25 ans de carrière, parce que c’est un grand artiste et il le mérite. C’est quelqu’un qui a marqué l’histoire de la musique gabonaise. Son répertoire en dit long.

Pourquoi le choix de Nkoum Ekiegn quand on sait le répertoire de son auteur riche et varié?

«Nkum Ekiegn» est une chanson qui a bercé mon enfance, et que j’aime beaucoup, d’où l’envie de la reprendre. Je n’en sais trop rien, mais je pense que c’est la sensibilité des accords, des notes et la mélodie qui m’ont attiré. Mais le message de la chanson aussi. C’est l’histoire de quelqu’un qui vient à Libreville pour chercher du travail et qui a laissé sa dulcinée au village. C’est un peu le combat de plusieurs personnes sur cette terre, qui quittent les leurs pour chercher la vie ailleurs.

Cette chanson me parle beaucoup, c’est quelque chose qui me touche profondément. Et de mon point de vue, c’est la meilleure chanson de Pierre Claver Zeng, qui est d’ailleurs sa première chanson. Je l’ai reprise à ma manière, parce que c’est une chanson qui mérite d’être connue du plus grand nombre.

Arnold Djoud, en concert à Libreville (archives). © D.R.

Vous annoncez pour le 25 août prochain la célébration de vos 25 ans de carrière. A quoi doit s’attendre le public ?

Pour la célébration de mes 25 ans de carrière en août prochain, le public doit s’attendre à beaucoup de choses. Déjà, il y a un mois, est sorti le maxi-single «Djoud» dans lequel je présentais deux artistes, Ylaria et Naturel Flow. Il s’agissait, en réalité de l’annonce du best of «AD 25» qui sortira en août, à l’occasion de cet anniversaire.

Mais en plus du best of, il est prévu l’organisation d’une grande soirée de gala. Ce sera un concert live où on viendra écouter les 25 chansons qui ont marqué les 25 ans de carrière d’Arnold Djoud. Il y aura des artistes qui viendront chanter avec moi les titres de mon répertoire qu’ils auront choisis pour me souhaiter joyeux anniversaire. Le public doit également s’attendre à une chorale, une vingtaine de danseurs sur la scène, une quinzaine de musiciens… vraiment un spectacle son et lumière hors pair.

A la suite du spectacle de Libreville, nous prévoyons de faire le tour du Gabon. Nous avons 14 dates à travers le pays, à la rencontre de mes fans de l’intérieur.

Arnold Djoud, en compagnie de Mickael Jackson, en février 1992, à Libreville. (archives). © D.R.

Après 25 ans ? Peut-on dire qu’Arnold Djoud a tout fait, ou lui reste-t-il encore des choses à prouver ?

Après 25 ans de carrière, je ne peux pas dire que j’ai tout fait. Je ne savais pas, par exemple, que je ferai cette reprise de Pierre Claver Zeng. Pourtant, je l’ai faite au bout de 25 ans. A mon humble avis, un artiste, tant qu’il exerce, a toujours quelque chose à prouver, à montrer. Parce que, dès que vous faites 2 ou 3 ans sans produire, on vous oublie. La nature, dit-on, a horreur du vide. Les artistes ont tout le temps intérêt à se renouveler et à prouver de quoi ils sont capables. Donc, j’ai encore beaucoup à donner. Je pense pour ma part que le meilleur reste à venir.

Qui était le Djoud d’il y a 25 ans, et qui est le Djoud d’aujourd’hui ?

Le Djoud d’il y a 25 ans était un homme qui cherchait ses marques. Il avait du talent évidemment, mais un peu timide, tout doux (rire). Il a fait son bout de chemin. Et le Djoud de maintenant, 25 ans plus tard, c’est quelqu’un de très aguerri, qui a un œil très aiguisé et qui est beaucoup plus professionnel qu’à ses débuts. Au bout de 25 ans, il fait les choses de façon plus carrée, plus rigoureuse pour le plaisir de ses fans.