Dans une vidéo en circulation depuis trois jours sur les réseaux sociaux, Arnauld Engandji, Conseiller spécial du président de la République,  directeur général de Gabon Oil Company (GOC) et organisateur des manifestations de soutien à Ali Bongo lors de son dernier séjour à Paris, dénonce le rabattage de figurants non-Gabonais lors ces manifestations. Son message est celui de la reconstruction de l’unité nationale, de la fin du bluff et du lucre dans l’activisme politique.

Archive : Arnaud Engandji, en septembre 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Des images d’un débriefing au sujet de la mobilisation lors du séjour à Paris d’Ali Bongo, les 12 et 13 décembre 2017, circulent et sont largement commentés sur le Net, chacun voyant midi à sa porte, selon que l’on soit de l’opposition ou de la majorité. La vidéo amateur laisse voir le patron de la GOC particulièrement remonté face aux «points focaux» dans l’Hexagone. Arnauld Engandji avoue n’avoir pas aimé que l’on ait associé des ressortissants Camerounais, Maliens et Ivoiriens et autres à ces manifestations de soutien. «Si vous n’avez que 10 ou 50 Gabonais, emmenez-les nous» au lieu de «nous vendre du rêve» en allant chercher, à Chateau Rouge (un quartier «africain» de Paris), des «Sarakolé et autres» ; «des gens à qui on remet 100 euros chacun ; je ne veux plus voir ça. Ne m’emmenez plus ces gens-là quand il s’agit du président».

Appel à la vérité et à la lucidité

Visiblement agacé par «le spectacle offert» par ces «Sarakolé et autres», Arnauld Engandji reconnaît qu’«il n’y avait pas plus de  200 Gabonais sur les 600 personnes que j’ai vues hier ; j’insiste dessus : ne faîtes plus ça à l’avenir. (…) Venez avec les Gabonais qui aiment Ali Bongo, pas les gens qui ne viennent que pour l’argent, et qui sont prêts à faire ce que j’ai vu hier aux Champs-Elysées». Et d’ajouter : «Si vous êtes incapables de rassembler les Gabonais à Paris, ne nous vendez pas du rêve, nous dirons simplement à Ali Bongo que tes Gabonais de Paris ne peuvent pas rassembler plus de 50 Gabonais, et nous travaillerons pour faire en sorte que d’autres Gabonais viennent».

Le Conseiller spécial parle de trouver les déterminismes de cette situation, mener une réflexion pour «chercher à comprendre pourquoi les autres Gabonais ne sont pas venus». L’On reconnaîtra que lors de ce séjour parisien d’Ali Bongo, les manifestations de soutien s’étaient mal terminées, certains figurants non-Gabonais ayant décidé de bloquer l’accès à un hôtel proche des Champs-Elysées pour revendiquer leur cachet.

Unification, élan patriotique

Mais les interventions du Conseiller spécial du président de la République ne comportent pas que regrets et remontrances, on y trouve à bien de moments des élans de patriotisme, comme lorsqu’il laisse entendre : «Il n’y a personne qui peut se satisfaire du spectacle que le drapeau gabonais a donné hier. Personne ne va se satisfaire de ça.» Poursuivant : «Nous avons besoin de comprendre combien il y a de Gabonais de la diaspora qui sont isolés, qui ont besoin qu’on les connaisse, qu’on comprenne ce qu’ils vivent.»

Si Arnauld Engandji dénonce la mise en avant d’un intérêt pécuniaire, on note une certaine inclination à l’unification des Gabonais : «Pensez-vous que le président de la République est satisfait de voir son peuple divisé en deux camps ?». Pour le jeune manager il faut traduire dans le réel la devise d’Ali Bongo durant la campagne pour la dernière présidentielle : «Un Dieu, un peuple, une nation». Parce que, indique-t-il «le président ne peux pas se satisfaire de ce qu’on ait des gabonais d’un côté, des gabonais de l’autre, entrain de se taper. Ce n’est pas son projet de société 

La démarche de celui qui, finalement, aurait fait un bon leader de l’UJPDG s’explique : «au lieu de construire l’unité de ma Nation, auprès du chef, au lieu de réconcilier les fils du Gabon de la diaspora. Vous êtes entrain de leur dire qu’on s’en fout de ce que vous dites». Il faut, pour lui, écouter les autres, écouter ceux d’en face. Est-il seulement, lui-même, entendu dans son camp ?