Pour avoir diffusé sur ses antennes, le 18 août, la dernière adresse de l’opposant à ses militants, la chaîne de télévision privée a été suspendue pour un mois par le Conseil national de la communication (CNC), de toute diffusion de programmes à caractère politique.

Georges Bruno Ngoussi, promoteur de RTN, devant le bâtiment incendié de la chaîne en septembre 2016. © AFP

 

Depuis quelques heures, la Radiotélévision Nazareth (RTN) n’a plus le droit de diffuser des programmes à caractère politique. La décision, prise par le CNC à la suite de l’audition, jeudi 24 août, des responsables de la chaîne de télévision privée, est prévue pour durer un mois.

Le motif de cette suspension : la diffusion sur les antennes de RTN, le 18 août, de la dernière déclaration de Jean Ping dans laquelle l’ancien candidat de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 appelait implicitement à des manifestations populaires pour lui permettre d’accéder au pouvoir. Pour le régulateur des médias au Gabon, l’opposant invitait clairement les populations à «la désobéissance civile».

La diffusion de cette déclaration par RTN est apparue aux yeux de Jean-François Ndongou, le président du CNC, ainsi qu’à ceux des conseillers membres comme un «manquement professionnel». La sanction administrative prise est conforme aux dispositions des articles 181, 182, 183 et 185 de la loi portant Code de la communication, qui condamne, entre autres, «les abus à la liberté d’expression», rendant responsables, au même titre que leur auteur, tout diffuseur et imprimeur desdits abus.

Jusqu’au 24 septembre, sur ses antennes, la chaîne de Georges Bruno Ngoussi n’aura donc pas le droit de diffuser des émissions politiques, des débats en direct ou en duplex.