Soupçonné d’avoir appelé à l’insurrection dans sa dernière publication, le bimensuel «Mibana mi yo si» a été suspendu pour deux mois par le Conseil national de la communication (CNC).

Le bimensuel “Mibana” a été suspendu pour 2 mois par le CNC. © Gabonreview

 

«La victoire des urnes volée, plusieurs compatriotes massacrés, situation économique bloquée : finalement, l’alternance au Gabon est-elle possible sans coup d’Etat ?», titrait «Mibana mi yo si» à la Une, le mardi 26 septembre 2017. Ce titre, Jean François Ndongou et les conseillers-membres du CNC ne l’ont pas beaucoup apprécié. Résultat : le bimensuel a écopé d’une suspension de deux mois.

«L’auteur, par ce titre trompeur, lance insidieusement un appel déguisé au soulèvement des forces de défense et de sécurité», a estimé, le 3 octobre, le régulateur des médias, qui comprend mal que le Gabon ait été présenté comme «une poudrière», et que l’auteur de l’article incriminé ait prétendu que la situation sociale qui y prévaut «est explosive». Il s’agit, indique le communiqué du CNC, d’une violation des dispositions de l’article 44 du Code de la communication, mettant en garde les journalistes contre tout commentaire et conjecture basé sur des faits non vérifiés.

L’autre fait non-vérifié, rapporté dans le numéro 44 de «Mibana», que le régulateur des médias s’est gardé de faire apparaître dans son communiqué, est que le départ du président de la République «est désormais programmé… sur le papier». «Les Français auraient décidé le départ de certains conseillers militaires de la Garde républicaine. Cette décision est-elle un avertissement formel donné par Paris à Ali Bongo ? L’annonce d’interventions à venir ? Ou une mesure de précaution pour ne pas être mêlé, ni de près ni de loin aux possibles exactions du pouvoir gabonais ?», s’était interrogé le bimensuel. Toutefois, le journal reconnait que «le pouvoir d’Ali Bongo reste encore plus fort qu’on ne le pense, à moins que la France ne soutienne discrètement un coup d’Etat».

Deux mois d’interdiction c’est résolument trop fort, estime sur les réseaux sociaux la plus  grande frange de la corporation au Gabon. L’Organisation patronale des médias gabonais (Opam) analyse l’article incrimné ce week-end et envisage l’introduction d’un recours au CNC dans les meilleurs délais.