Au-delà de la culture d’arbres fruitiers, la Coopérative d’élevage et d’agriculture (Copea) s’est lancée dans l’apiculture. A terme, la structure créée en 2002 et dirigée par un ancien membre du gouvernement table sur une production de 32 000 tonnes de miel par an.

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Localisée au village Afenane, à huit kilomètres d’Oyem, la Coopérative d’élevage et d’agriculture (Copea) a décidé d’ajouter une nouvelle corde à son arc, en se lançant dans l’apiculture. «Notre objectif premier était les arbres fruitiers», a confié le président de la coopérative. «Maintenant, il nous a été démontré que ces arbres attireront beaucoup d’abeilles qui viendront butiner des fleurs. Il nous a donc été conseillé de mettre en place des ruches pour sédentariser ces abeilles», a poursuivi Clément Ndong Mba.

En effet, les abeilles parcourent plusieurs kilomètres à la recherche de fleurs à butiner. «Mais comme il y aura suffisamment de fleurs dans la plantation, elles vont habiter là, car elles auront des ruches à proximité. Les abeilles qui vont naitre là, apprendront à butiner sur place», a confié l’agriculteur, homme politique, ancien ministre et ancien maire adjoint. La coopérative dispose d’une plantation d’une superficie de 20 hectares plantés. Mais elle ambitionne étendre son exploitation à 50 hectares.

Clément Ndong observant une jeune pousse sur le site de la coopérative. Et, une vue de la plantation. © D.R.

«Nous allons augmenter la superficie agricole et partant, notre capacité de production de miel. Notre ambition est de posséder 4100 ruches sur les 50 hectares, étant entendu qu’une ruche produit environ 18 à 23 kilogrammes de miel», a souligné Clément Ndong Mba. A terme, ce dernier table sur une production annuelle de 32 000 tonnes pour le miel par an. «Cette production peut être doublée avec l’apport de nos associés», a-t-il indiqué.

Une ambition d’autant plus justifiée que le miel, pourtant très prisé, ne court pas les rues. «La demande est abondante et le produit est rare», a-t-il regretté. L’agriculteur n’oublie pas pour autant son activité de base. «L’objectif est d’atteindre les 12 800 arbres fruitiers sur 50 hectares. Et nous tablons sur une production de 3000 tonnes de fruits en moyenne»,  espère-t-il.

Autant de nobles desseins qui se heurtent cependant à une triste réalité dans cette activité : l’accès aux financements. «Les banques ne prêtent pas aux agriculteurs», a déploré Clément Ndong. «Faute de financements, nous sommes à la merci de pays ayant développé l’agriculture, et qui nous vendent les produits agricoles parfois très chers», a-t-il  souligné, relevant que l’Etat dépense pas moins de 300 milliards de francs CFA par en an, en produits  agricoles.

«Mon activité est menée sur fonds propres parce que j’ai foi en l’agriculture. Et, je demeure convaincu qu’il en sortira quelque chose. Ce qui n’est pas forcément le cas pour le Gabonais lambda. Nous voulons donc valoriser cette activité pour freiner l’exode rural notamment, et ramener les jeunes vers les villages pour gagner leur vie correctement», a soutenu l’ancien ministre des PME.