L’impression par Bruno Ben Moubamba d’un pagne à son effigie et à celle de Pierre Mamboundou n’a pas plu à tout le monde à l’UPG, où ses responsables crient au plagiat et à l’usurpation, avant de menacer d’ester en justice le président de l’ACR.

Pierre Mamboundou à Libreville, en août 2009. © AFP/Yannick Maniengui

 

Le pagne qui énerve Mathieu Mboumba Nziengui. © D.R.

Mathieu Mboumba Nziengui, le président de l’Union du peuple gabonais (UPG-Légaliste), n’a pas vraiment gouté la dernière initiative de Bruno Ben Moubamba visant à commémorer le sixième anniversaire du décès de Pierre Mamboundou. En prélude aux différentes activités prévues dans le cadre de cette commémoration, annoncée pour les 14 et 15 octobre 2017 à Ndendé, le président de l’Alliance pour le changement et renouveau (ACR) a fait imprimer un pagne sur lequel on retrouve son image et celle du fondateur de l’UPG, en plus du logo de l’ACR et le slogan «Le Gabon d’après», utilisé lors de sa campagne électorale en août 2016. Sur son site Internet, l’ACR assure que l’impression de ce pagne a été demandée par les «veuves de Ndendé», pour leur «levée de deuil politique».

«C’est faux !», a contesté Mathieu Mboumba Nziengui dans une interview, jeudi 7 septembre, au quotidien L’Union. Pour le président de l’UPG, «Ben Moubamba excelle dans l’usurpation. Il aime utiliser ce qui ne lui appartient pas. […] Il passe son temps à plagier Mamboundou, alors que ce dernier ne le connaissait pas».

A l’UPG, excédé par l’immixtion du ministre d’Etat en charge de l’Habitat dans leurs affaires, certains brandissent déjà la menace de représailles en justice. «Qu’il retire ce pagne de la circulation au plus vite, au risque de se voir traîner en justice», a mis en garde Mathieu Mboumba Nziengui.

Comme quoi, les héritiers de Pierre Mamboundou, déjà à couteaux tirés depuis son décès, n’ont pas fini de se quereller. Chacun réclame sa part de reconnaissance pour avoir œuvré aux côtés du «maître», au point que l’UPG se décline aujourd’hui en plusieurs ailes, allant des «légalistes» d’Awendjé aux branches dites «loyalistes» dirigées par Jean de Dieu Moukagni-Iwangou et David Mbadinga. Chaque aile ne manque pas de se présenter comme la véritable UPG.