Depuis sa création en 2011, l’Agence nationale des infrastructures numériques (Aninf) a investi près de 63 milliards de francs CFA pour matérialiser la stratégie nationale de développement du numérique. Des efforts récompensés à juste à titre par l’Indice de développement des technologies de l’information et de la communication 2017, classant le Gabon 6e en Afrique.

Le «Gabon numérique» à portée de main. © D.R.

 

Acteur majeur dans la mise en place de la stratégie nationale en matière de développement du numérique, l’Agence nationale des infrastructures numériques (Aninf) s’active à atteindre cet objectif. En effet, la structure créée en 2011 a été investie de plusieurs missions. Notamment, celles de développer l’infrastructure numérique sur l’ensemble du territoire national gabonais et développer de manière cohérente les applications pour la mise en œuvre de l’e-gouvernement. L’Aninf doit également gérer harmonieusement le spectre des fréquences.

Des objectifs dont l’atteinte semble en bonne voie, comme le suggère l’ICT 2017 (Indice de développement des technologies de l’information et de la communication). Publié par l’Union internationale des télécommunications des Nations unies, cet indice synthétique révèle que le pays a gagné 10 places dans le dernier classement ICT. En Afrique, le Gabon se classe désormais 6e. Une belle marque de reconnaissance pour les efforts du pays dans la matérialisation du «Gabon numérique». En effet, le Gabon a démarré depuis 2012 la construction de son backbone fibre optique au travers du projet Backbone nationale du Gabon (BNG). Ce vaste projet de maillage du territoire national en fibre optique (6000 km) a vu la construction effective de 1679 km, répartis entre Libreville et les capitales provinciales.

L’Aninf est également impliquée dans le Central african backbone (CAB), un projet de fibre optique en cours de développement en Afrique centrale. Celui-ci vise à relier les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) par l’intermédiaire de l’Internet à très haute vitesse. Le projet CAB4 a démarré sa phase de réalisation au Gabon en avril 2015, avec la planification des travaux de génie civil. Dans le cadre de ses missions, l’agence s’est aussi investie dans la mise en place, dans les neuf capitales provinciales, d’une infrastructure réseau et télécommunications à haut débit et hautes performances pour les besoins des acteurs du secteur public (Institutions et Administrations). Dénommé Réseau de l’Administration Gabonaise (RAG), ce chantier poursuit son évolution et son extension.

Dans le même sens, l’Infrastructure de gestion des clés publiques (IGCP) ou public key infrastructure (PKI) a été mise en place en 2013, faisant de l’agence l’autorité de certification nationale du pays. Cette infrastructure permet aujourd’hui de délivrer les certificats électroniques qui sécurisent la fabrication et la délivrance des passeports établis par la DGDI. Un département dédié aux questions de la PKI a ainsi été mis en place au sein de l’Aninf. Par ailleurs, plusieurs projets d’informatisation des processus de métiers de l’administration ont fait l’objet d’une étude et /ou d’une mise en œuvre ; ou encore, d’une optimisation par les ressources du département recherche et développement de l’Aninf.

Toutefois, l’aboutissement et la conduite de ses chantiers n’auraient pu se faire sans une main d’œuvre qualifiée. L’Aninf s’est notamment employée au renforcement des capacités de son personnel. Ainsi, des formations en management, notamment sur la qualité ont été réalisées sur la norme ISO 9001 :2015. Il y a eu également des formations techniques à l’endroit des techniciens et ingénieurs, notamment en matière de sécurité des systèmes d’information et de gestion des fréquences. Dans le même sens, l’Aninf a formé 560 jeunes gabonais aux métiers de la fibre optique.

Si cette liste de ses réalisations est loin d’être exhaustive, l’Aninf a cependant levé le voile sur les dépenses réalisées dans le cadre de ses différents chantiers. Soit 14,7 milliards de francs CFA pour la maintenance des infrastructures (fibre optique, Datacenter de l’Administration RAG). Aussi, les coûts des projets mis en œuvre par l’agence s’élèvent-ils à près de 21,4 milliards de francs CFA. Les formations quant à elles ont coûté 3,15 milliards de francs CFA. Le cumul des dépenses de l’Aninf sur la période 2011-2017 se chiffrent ainsi à près de 63 milliards de francs CFA.

D’aucuns s’accordent à dire que sous l’impulsion d’Alex Bernard Bongo Ondimba, l’actuel directeur général depuis 2011, l’Aninf a véritablement atteint son rythme de croisière. Le cap d’un périple dont le meilleur reste visiblement à venir.