Les perspectives du Gabon pour cette année 2018 ne semblent pas radieuses selon le vice-président de l’Union et Solidarité. D’après Anges Kevin Nzigou, la crise en 2018 risque d’être plus dure qu’en 2017.

Le vice-président de l’Union et Solidarité, Anges Kevin Nzigou. © D.R.

 

Si certains estiment que le Gabon s’éloigne peu à peu de la crise née de la présidentielle de 2016, d’autres n’y croient guère. Pour eux, les effets de cette crise vont se densifier en 2018. C’est en tout cas ce qu’affirme Anges Kevin Nzigou

Pour le vice-président du parti l’Union et Solidarité, «la crise vécue en 2017, qui risque d’être plus dure en 2018 est la consécration au fond de cinquante années de désordres politiques, de destruction organisée de notre citoyenneté, de destruction du fonctionnement étatique et d’anéantissement des valeurs républicaines», a-t-il affirmé le 28 janvier, lors de sa présentation de vœux aux populations du 6ème arrondissement de Libreville.

Pour Anges Kevin Nzigou, nul besoin de tergiverser ou prétendre ne rien voir par rapport à ce malaise qui détruit le pays progressivement. Les actes posés par le système au pouvoir seraient assez explicites pour démontrer que le pays est au bord de l’effondrement. «Le gouvernement actuel s’emploie à nourrir la crise par tout moyen, la justice gabonaise s’est spécialisée en mercenaire politique (…). Alors que nous avons recours au Fonds monétaire international, révélateur d’une crise financière, le gouvernement dont l’incompétence devient un compliment, décide d’augmenter le nombre de députés, alors que la logique suggère une réduction du train de vie de l’Etat», déplore le jeune avocat.

Il invite par conséquent la population à être courageuse et lucide pour arrêter le plus tôt possible la cause de cette dégringolade générée par le «système Bongo PDG», qu’il qualifie de «cancer de la vie des Gabonais».

«La crise est grave, les circonstances sont exceptionnelles, les décisions doivent être à la mesure de cette gravité. C’est un devoir auquel je ne me déroberai pas. (…). Ce qui se passe dans notre pays, annonce que l’année 2018, sera celle de tous les risques, mais aussi celle de toutes les possibilités. De toutes les espérances, si nous savons relever les défis. De tous les dangers, si nous restons immobiles», a-t-il affirmé, martelant que «nous n’avons pas le droit de ne rien faire, au prétexte que ce serait difficile, que tout est plié. La seule certitude d’échouer est de ne rien entreprendre».

Présentée comme «un hommage au vice politique», cette crise, selon le vice-président de l’U.S ne pourra s’estomper que par la prise de conscience de «chacune et chacun d’entre nous» La priorité doit être accordée au travail de conscientisation de chaque citoyen, dans le but de construire une «véritable communauté citoyenne».

Dans l’immédiat, en termes de priorité pour une sortie de crise efficace, deux chantiers ont été annoncés par le vice-président de l’U.S, à savoir : construire un nouveau modèle politique et faire naître un Gabon nouveau. «Ces défis, ils s’imposent à nous. Nous ne pouvons ni les refuser, ni les repousser. Nous ne pouvons ignorer ce nouveau défi», a-t-il indiqué.