Visiblement, «l’affaire Péan» opposant le président gabonais, Ali Bongo, au journaliste français, Pierre Péan, consécutive à la publication de son livre, «Nouvelles affaires africaines- Mensonges et pillages au Gabon» est loin de s’achever. Le 5 septembre 2017, c’est un nouveau round qui s’est ouvert au Tribunal correctionnel de Paris.

Ali Bongo et Pierre Péan de nouveau au tribunal (Montage) depuis le 5 septembre 2017. © Gabonreview

 

L’écrivain et journaliste français, Pierre Péan avait été mis en examen, en 2015, dans une affaire de diffamation par la justice française. Cela intervenait à la suite d’une plainte déposée par les autorités gabonaises en novembre 2014, après la publication du livre du journaliste-écrivain.      Dans cette affaire l’opposant à Ali Bongo, président de la République gabonaise, le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris avait prononcé, le jeudi 23 février 2017, un non-lieu, la qualifiant plutôt d’«atteinte à la vie privée» au lieu de «diffamation» comme l’avait présenté les autorités gabonaises en novembre 2014, à la suite de la sortie de «Nouvelles affaires africaines – Mensonges et pillages au Gabon».

Ce 6 septembre 2017, le site de Radio France internationale (RFI) a annoncé l’ouverture d’une nouvelle page dans cette affaire. Après le non-lieu prononcé en février 2017, relève notre confrère, le président gabonais avait de nouveau porté plainte pour «diffamation».

Et l’audience a eu lieu le 5 septembre au Tribunal correctionnel de Paris. «Dès le début de l’audience, ce 5 septembre au palais de justice de Paris, Delphine Meillet, l’avocate d’Ali Bongo, annonce la couleur : «Ce livre, ce n’est pas de l’investigation, mais du militantisme», rapporte RFI, relevant que selon l’avocate, «Pierre Péan avait un seul objectif en publiant Nouvelles affaires africaines-Mensonges et pillages au Gabon, deux ans avant les élections de 2016».

Jean Ping, l’opposant principal à Ali Bongo, se retrouve indexé comme le commanditaire de cet ouvrage qui a mis en doute la filiation d’Ali Bongo, de même que la lumière sur la fraude électorale orchestrée en 2009 par les institutions en faveur d’Ali Bongo, candidat du Parti démocratique gabonais (PDG), sur son implication supposée dans l’attentat dont avait été victime Jean-Pierre Lemboumba Lepandou en janvier 1992 et sur la mort de Georges Rawiri, premier président du Sénat.

«Pierre Péan a écrit ce livre car c’est une commande de l’opposant Jean Ping en 2014, pour commencer à déstabiliser le président Bongo», a estimé Delphine Meillet. Pour elle, Pierre Péan parle d’assassinats, de tentatives d’assassinats, mais ne le prouve pas de manière factuelle. «Aujourd’hui, toute l’audience a consisté à prouver que toutes ces imputations étaient diffamatoires», a-t-elle expliqué.

Au cours de cette audience, l’avocate de Pierre Péan, Florence Bourg, a invoqué la rumeur populaire (Le Kongossa). Pour elle, note RFI, en plus des preuves, ces rumeurs relatées dans le livre sont autant d’éléments d’informations.

«Surtout face à une dictature, les opposants politiques n’ont pas le droit ni de sortir du pays, ni d’être à la télévision, déclare-t-elle. Donc effectivement, une façon masquée de dire les choses, c’est aussi de colporter des informations, même si elles sont réelles et souvent elles le sont. Omar Bongo disait que la rumeur, c’était bien souvent la vérité au Gabon», a plaidé l’avocate de Pierre Péan.

Ali Bongo demande un euro symbolique pour laver son honneur. L’audience a été mise en délibéré au 5 octobre 2017.